Ceramic Tour 2024
Le Ceramic Tour 2024 au Japon a débuté à Ōsaka et a fini à Ōsaka, après avoir traversé l’ouest de Honshū, Kyūshū, puis retour au Kansai. Du 12 Novembre au 19 Décembre 2024, 5 semaines et 4 jours pour découvrir les sites historiques de la Céramique Japonaise et rencontrer une trentaine de potiers qui collaboreront pour les prochaines collections saisonnières. Nous allons également rencontré d’autres potiers par pure passion et admiration de leurs créations. Nous allons visiter les Musées des céramiques régionales, les galeries et les magasins spécialisées, les ateliers, les fours ancestraux et locaux, et les villes et villages qui comptent profondément dans la culture japonaise et l’artisanat de la céramique millénaire. Bon voyage !
Cliquez bientôt sur une date pour découvrir ma journée ! (sur mobile, swipez le tableau vers la droite ou vers la gauche)
Lundi 11 Novembre 2024
Départ à 9h15 de l’aéroport Charles de Gaulle avec la compagnie allemande Lufthansa en A320. Arrivée à 10h40 à Munich puis départ à 12h10 de Munich avec la compagnie japonaise ANA en Airbus A350 vers Ōsaka Kansai Airport KIX. 15 heures de vol au total. Calme et spacieux, un bonheur ce vol ! On a bien mangé à bord. Mes voisines, mère et fille, étaient de Toulouse et c’était leur premier voyage au Japon. Je suis accompagné par Google Maps, l’application de traduction : DeepL, un Pocket Wifi et 6 Japan Rail Pass régionaux, via l’agence Japan Experience Paris et ma carte SUICA pour les métros. Un voyage tout en douceur avec autant d’excitation que celui de 2023. Bon voyage et encore merci beaucoup de m’avoir suivi sur Instagram et sur Facebook.
Hôtel : dans les airs.
Mardi 12 Novembre 2024
Atterrissage à l’aéroport du Kansai dans la baie d’Ōsaka. Bien dormi. Un peu de Momiji rouge, un beau temps et direction les échanges des Voucher pour les Japan Rail Pass. (6 Japan Rail Pass régionaux pour 5 semaines et 4 jours me coûtent le prix d’un Japan Rail Pass national pour 3 semaines). Puis direction le Train Haruka featuring by « Hello Kitty Herself » pour Shin-Ōsaka (Shin = Nouvelle) puis le Shinkansen pour Okayama.
Okayama, j’adore cette ville, elle est proche de plein de lieux à visiter : riches d’histoires, d’architecture et de nature. Il fait beau, je ne suis pas encore fatigué avec le décalage horaire. Sur ma route, j’ai croisé 2 musées très intéressants : Musée de l’Orient d’Okayama et Musée préfectoral d’art d’Okayama, une fresque de Taro OKAMOTO, et une galerie Bizen-yaki : Hirai Honten (fondée en 1884).
De la gare, je suis allé vers le Kōraku-en 後楽園, un jardin datant de 1687. En 1952, le jardin a été désigné comme un lieu spécial de beauté pittoresque en vertu de la Loi sur la protection des biens culturels. Il est soigneusement entretenu en tant que patrimoine culturel historique à transmettre aux générations futures. Le jardin était préparé avec plein d’ombrelles posées sur l’herbe, pour l’ouverture nocturne et l’événement d’illumination « Jardin Fantasy d’Automne« . À voir absolument.
Puis aller visiter le Château d’Okayama (Okayama-jō 岡山城), également connu sous le nom de « Château du corbeau » en raison de son extérieur noir. Il a été construit en 1597 dans le style de la période Azuchi-Momoyama. Le château original a été détruit en 1945, mais une reconstruction a été réalisée en 1966. Le château est situé sur la rivière Asahi, qui servait de fossé, juste en face du jardin Korakuen. Triste rénovation de juin 2021 à novembre 2022. Fini les escaliers en bois et les murs d’époque, maintenant un ascenseur, une boutique, des explications en japonais, la vue au sommet reste superbe. Puis j’ai visité le Hayashibara Museum of Art et un tour au B1 de Tenmaya pour m’acheter à manger. Et enfin direction mon hôtel pour le check-in. Bonne nuit !
Hôtel : Toyoko Inn Okayama-eki Nishi-guchi Hiroba – Okayama – Préfecture d’Okayama.
Mercredi 13 Novembre 2024
Je pars découvrir la Galerie Aburakame, située pas très loin du Kōraku-en 後楽園. Une galerie restaurant dans une ancienne Machiya. Utsuwa de jeunes céramistes connus ou reconnus, de la verrerie et de la vannerie. Ensuite j’ai retrouvé mon amie Keiko pour visiter le Kitchoan museum dont l’entrée est située dans le célèbre magasin Minamoto Kitchoan. L’exposition en cours montrait des bonbonnières en métaux de l’empereur Meiji. Un étage est consacré à Bizen-yaki pour notre plus grand plaisir. Nous avons mangé des Nigiri d’Okayama au comptoir chez Azumazushi, situé à la Gare d’Okayama.
La destination suivante est à Kurashiki. Promenade le long du canal du quartier Bikan. Visite de la galerie Mingei du Musée Ohara Bijutsukan 大原美術館 (Kanjiro, Leach, Hamada, etc. un régal). Découvrir enfin le Musée Kurashiki Mingeikan 倉敷民芸館 (qui était fermé en 2023) avec la céramique Hashima-yaki 羽島焼. La vaste maison Ohara-ke Jutaku 大原家住宅 et son jardin intérieur où nous avons dégusté un Matcha délicieux.
On termine cette belle journée par la visite de la boutique Mingei Toworu 民藝融 à Kurashiki, tenue par un passionné : Yamamoto san, puis nous avons visité la plus ancienne galerie Bizen-yaki de Kurashiki : Tōbidō 陶備堂. La fraîcheur hivernale commence enfin à arriver au Japon. Notre dîner se passera chez Yamadome pour manger des Kushiage, petites brochettes frites avec des ingrédients utilisés qui sont « presque » sans limite : de la viande, des légumes (Oignon, Pousse de bambou, Kabocha, Shiitake…), des fruits de mer, du fromage, des œufs de caille. C’était délicieux. Oyasuminasai !
Hôtel : Toyoko Inn Okayama-eki Nishi-guchi Hiroba – Okayama – Préfecture d’Okayama.
Jeudi 14 Novembre 2024
Aujourd’hui je pars à la rencontre de Takahara san, d’abord en train jusqu’à la ville du sabre : Osafune, puis un bus jusqu’à Inariyama, il m’attend en voiture avec son apprenti Akane. Il me dit qu’une française est présente car elle prend des cours de poterie avec lui au Bizen Pottery Center. Aya est franco japonaise et elle est au Japon pendant un an. Elle sera ma traductrice. Takahara san, 2ème génération, m’a présenté ces 4 fours : Noborigama de Bizen qu’il n’utilise plus car il est trop gros, four à bois carré qu’il était en train de bassiner, 2 Fours Anagama fabriqués avec des briques faites-maison avec de la terre locale (les plus utilisés). Son style est Bizen-yaki avec des touches d’Oribe et de modernité, j’avais eu un vrai coup de cœur pour son travail en photo et là c’est confirmé, c’est très beau.
Je continue mes rencontres avec Mori san (19ème generation), qui habite à Imbe, le berceau de Bizen-yaki. C’est le four Hozangama. La famille Mori fait partie des 6 grandes familles de Bizen. Il m’a fait visiter son atelier, découvrir son four Noborigama et surtout, il a ouvert son four pour me montrer l’intérieur car il venait de finir la cuissons 2 jours avant. Un super privilège. Il a également : un Maki-gama, un four à gaz pour le Hidasuki, et des cazettes pour le Hikidashi. Derrière son atelier, un sanctuaire Inari avec des renards en Bizen-yaki. Mori san est passionné par les cuissons au bois, il donne des cours au Bizen Pottery Center. Il est très actif pour parler de son travail et le présenter. Ne pas hésiter à demander à le rencontrer.
On termine cette belle journée avec la visite du four Ichiyō-gama et sa poterie douce et délicate. La visite de la Galerie Kai, avec les nouvelles générations de potiers qui cassent un peu les codes de Bizen-yaki tout en conservant les traditions. Enfin rencontre avec Victoria GUÉRIN, guide à Bizen et coresponsable de la Villa Shinobi. Cela fait du bien de rencontrer une Française avec un amour pour l’artisanat et l’envie de le faire découvrir au plus près des artisans de sa région. Nous sommes allés au Café Udo de la gare de Bizen, avec Aya que j’ai rencontré le matin chez Takahara san. Belles discussions et hâte de travailler avec Victoria pour le Ceramic Tour 2025.
Hôtel : Toyoko Inn Okayama-eki Nishi-guchi Hiroba – Okayama – Préfecture d’Okayama.
Vendredi 15 Novembre 2024
Rendre visite à Sō ISEZAKI et Sakae, avec Keiko, est toujours un grand plaisir. Le studio de ISEZAKI san et le Four Yōzangama 陽山窯 sont ancrés dans l’histoire de Bizen-yaki. Il est le 3ème fils de Mitsuru ISEZAKI 伊勢崎満 (1934-2011) qui était membre de la Nihon Kōgei Kai (Association japonaise des arts et métiers). Il a reçu le prix Tōyō KANESHIGE en 1973 et a été désigné « Bien culturel immatériel de la préfecture d’Okayama » en 1998. Son frère cadet, Jun ISEZAKI 伊勢崎 淳 (né en 1936), est reconnu comme un « Trésor national vivant » du Japon. Nous avons discuter de Bizen-yaki, du tourisme à Imbe, de l’artisanat de la céramique en France, de la communication et de la compréhension de Bizen-yaki. Merci beaucoup de faire partie de Maison Wabi-Sabi.
On poursuit cette superbe journée par la visite chez SHIBAOKA san qui crée mes porte-encens, mes Jizō et bientôt des Daruma porte-encens avec leur boîte. C’est un maître dans la sculpture de Bizen-yaki. Ensuite nous somme allés déjeuner chez MURASAKI, un peu comme un restaurant routier en France ! Puis, nous rendons visite à Yamamoto san, fabricant de boîtes Kiribako pour les potiers et les Musées de la région, il nous a montré les étapes de fabrication artisanale de ces fameux écrins pour les céramiques. La journée s’est terminée chez la famille Kaneshige, Yuhō sensei en pleine préparation d’une exposition à Tokyo, Shosaku et Yosaku du Studio Yu en début de cuisson dans leur grand four anagama et découverte de leurs dernières créations. Nous sommes allés dîner dans un restaurant Sichuanais d’Okayama. Heureux qu’ils fassent partie de Maison Wabi-Sabi.
Hôtel : Toyoko Inn Okayama-eki Nishi-guchi Hiroba – Okayama – Préfecture d’Okayama.
Samedi 16 Novembre 2024
Départ en Shinkansen de la gare d’Okayama pour la ville de Hagi, dans la préfecture de Yamaguchi, à l’ouest de Honshū. J’ai rendez-vous avec Mélanie BOUISSIÈRE, céramiste et architecte, qui fait également un grand tour de la céramique japonaise. On s’est promené dans cette adorable petite ville très calme de bord de mer, le port de pêche, la plage et le couché de soleil. Une ancienne ville marchande avec un quartier historique qui fait partie des « Sites de la Révolution industrielle Meiji du Japon », inscrits à l’UNESCO, et se caractérise par ses rues aux murs blancs, ses demeures de marchands en bois et ses orangers d’été (natsumikan)
Hôtel : Hagi Royal Intelligent Hotel – Hagi – Préfecture de Yamaguchi.
Dimanche 17 Novembre 2024
Ce dimanche, je vous amène au Hagi Uragami Museum, inauguré en 1996, fondé par Toshiro URAGAMI, qui a légué sa collection d’art (Ukiyo-e, céramique d’Asie de l’Est). Une annexe est consacrée à la promotion des Arts et Métiers de la céramique, pour mettre en lumière Hagi-yaki. Pendant ma visite, une exposition monumentale de Miwa Ryūkishō (Miwa Kyūsetsu XII), sculptures créées en 2010 et des œuvres en céramiques de Corée et de Chine. La confrontation des 2 univers étaient incroyables.
On poursuit notre visite de la belle ville de Hagi, les Natsumikan seront récoltés en décembre/janvier, ils sont énormes et le jus est délicieux. La ville me fait penser à Kyōto et Kanazawa. La promenade m’amène chez Kazuyuki SUIZU, potier Hagi-yaki de renom, puis chez Yoshinori MIYATA 宮田 佳典, potier timide et adorable, belle découverte de son travail (j’avais une mission secrète pour une copine). Puis le grand four Noborigama Senshunraku Jōzan, avec les grands ateliers et son immense magasin adjacent (allez au fond, vous trouverez la céramique la plus intéressante). Le temps est un peu pluvieux mais cela n’enlève pas le charme de la ville.
Ma visite m’amène au four Hagijōgama et aux ruines du Château de Hagi, la largeur des murs d’enceinte est imposante. Il pleut donc c’est le meilleur moment pour visiter le très discret Musée Hagiyaki Shiryokan, où l’on peut admirer des céramiques du 17ème siècle. Superbe ! La boutique, au rez-de-chaussée, est également très bien. La pluie s’est calmée donc je repars vers la ville historique pour visiter la Galerie Saitoan (Hagi-yaki et jeunes artistes), elle est située à côté de la résidence de la famille Kikuya.
Hagi-yaki c’est quoi au fait : La céramique Hagi, produite dans l’ancienne province de Nagato (aujourd’hui préfecture de Yamaguchi), a été fondée par deux frères potiers coréens connus au Japon sous les noms de RI Shakko et RI Kei. Ces derniers ont émigré au Japon à l’époque des campagnes coréennes de Bunroku et Keicho (1592, 1597). On comprend généralement que Terumoto MŌRI, ayant construit un château de retraite en l’an 9 de Keicho (1604), demanda aux frères RI d’y ouvrir un four, et les générations suivantes poursuivirent la production de céramiques Hagi sous le patronage de la famille MŌRI. Ces œuvres, dont beaucoup sont des objets utilisés pour le chanoyu (cérémonie du thé), héritent de l’influence des bols à thé coréens, tels que les Ido-chawan et les Kohiki, et sont recouvertes d’un engobe blanc. Les bols à thé Hagi sont considérés comme l’un des types de bols à thé représentatifs du Japon.
Ma journée se termine chez HADANO san, 4ème génération du four Shigetsu-gama. Un grand tour dans son atelier, le four Noborigama de 80 ans qui n’est plus utilisé car il est trop grand. Il cuisait environ 500 pièces par chambre. Le four qu’il utilise désormais est situé à une dizaine de kilomètres de l’atelier. Il a défourné la semaine de la visite donc son équipe était en plein ponçage et vérification des pièces. Hagi-yaki est réputée un peu poreuse donc elle est baignée pendant 24h dans un mélange d’eau et de farine pour boucher les pores. C’est aussi une céramique qui se patine et dont les craquelures marquent avec le temps, du pur Wabi-Sabi. Hâte de présenter son travail. Cette belle journée se termine sur un Curry Udon à ma cantine : Dondon Hijiwara.
Hôtel : Hagi Royal Intelligent Hotel – Hagi – Préfecture de Yamaguchi.
Lundi 18 Novembre 2024
Mon hôtel est à côté de la gare mais j’adore marcher donc me voilà en route pour une marche au nord-est de Hagi pour découvrir le « Four à réverbère Hagi » (UNESCO World Heritage), Construit en 1856 par le domaine de Hagi pour renforcer la défense côtière, ce four à réverbère, inspiré d’un croquis du domaine de Saga, est un vestige de la révolution industrielle de l’ère Meiji. Il est l’un des trois fours à réverbère restants au Japon. À une centaine de mètre, j’ai rendez-vous avec OKADA san, 9ème génération et fils du grand Yuh OKADA (Bien culturel immatériel en tant que détenteur de Hagi-yaki). Leur four Noborigama a été construit il y a 230 ans. À Hagi, la 1ère chambre sert au feu, on jette les bûches de pin dedans littéralement. Son travail d’émail bleu ciel est différent du Hagi-yaki traditionnel. Hâte de présenter son travail chez Maison Wabi-Sabi.
En redescendant de chez OKADA san, je fais un stop à l’atelier Senryuzan, fondé en 1826, époque Bunsei-Edo, où l’on peut admirer le travail de Hatao YOSHIKA. Accéder à l’atelier et le voir travailler. La boutique est très belle avec son Chashitsu. À l’extérieur l’énorme four Noborigama qui est transformé en musée où l’on peut observer l’intérieur des chambres et les ustensiles pour la cuisson.
Ma promenade m’amène dans la partie historique de Hagi. Les belles maisons en bois et murs blancs des marchands et des familles de Samourai. Certains sont ouvertes à la visite. Les rues sont très calmes, très peu de rencontres. Je m’arrête à la belle Galerie Jibita, où sont présentés des jeunes artistes de Hagi et le propriétaire est adorable. Je pars ensuite rendre visite à ITAGAKI san, le propriétaire de la Galerie Sentou. C’est toujours un plaisir d’échanger avec des galeristes japonais. Ils partagent leur amour de la céramique japonaise et leurs conseils. Merci à eux. Dernière belle journée et hâte de revenir.
Hôtel : Hagi Royal Intelligent Hotel – Hagi – Préfecture de Yamaguchi.
Mardi 19 Novembre 2024
Je quitte Hagi, en bus, avec un superbe soleil. Direction Shin-Yamaguchi (Shin ne veut pas dire Shinkansen mais Nouvelle gare) pour prendre la direction de Kyūshū, la ville de Hakata/Fukuoka, dans la préfecture de Fukuoka. Arrivée à l’immense station de Hakata, un métro et je pars visiter l’original centre commercial : Canal City Hakata, pour découvrir le flagship store de MUJI. (Il y a des années que je veux le visiter!). Puis ma visite se poursuit au « Fukuoka Oriental Ceramic Museum » où est regroupée une collection importante de céramiques japonaises qui font parties de mes recherches sur les 100 fours. La dame à l’accueil m’a offert un livre sur cette collection. Enfin, je termine ma journée par la visite du Sanctuaire Momiji Hachimangu, situé dans le quartier de Takatori.
En Janvier 2024, j’ai été cordialement invité au restaurant Akiyoshi où j’ai rencontré Miraku Kamei 15ème génération (Masahisa KAMEI), avec sa femme et son fils, la 16ème génération (Hisaaki KAMEI). Ils continuent l’héritage de la céramique Takatori-yaki (depuis 1610). Elle est étroitement liée à la cérémonie du thé. Je leur ai promis que je viendrais les voir et me voici chez eux car c’est un four familiale, ils sont 4 à travailler main dans la main. Après être invité à déguster un matcha et un wagashi, dans la galerie où l’on peut admirer le travail des différentes générations. Il m’a amené voir le four Noborigama à 7 chambres, plus utilisé depuis plus de 40 ans car il y a plein d’habitation autour. Depuis 300 ans, le four est à cette emplacement, il a été à 3 autres endroits. Ils cuisent au gaz et au bois, mais à la campagne chez un ami. Quel plaisir de les avoir revu chez eux. Leur fils était, au même moment, à Paris en haut de la Tour Eiffel.
Hôtel : Plusone Fujisaki – Fukuoka – Préfecture de Fukuoka.
Mercredi 20 Novembre 2024
C’est le grand jour, départ en train, le long du littoral, pour la ville de Karatsu, célèbre pour Karatsu-yaki. Comme dit l’adage : Lors de la cérémonie du thé, on dit : « Ichi Raku, Ni Hagi, San Karatsu », ce qui signifie : le premier souhait d’un amateur de la cérémonie du thé est de posséder un bol Raku, le deuxième est de posséder un bol Hagi, et le troisième est de posséder un bol Karatsu. J’arrive dans cette petite ville de bord de mer, mon hôtel KARAE est à 2 minutes à pied, il est situé dans la rue des galeries de la céramique de Karatsu, l’hôtel a sa propre galerie et j’ai enfin découvert Ichibankan. Une référence à Karatsu !
Ma 1ère visite est la Former Takatori Residence, anciennement la résidence Takatori. C’est un site historique construit au début du 20ème siècle (1905), elle fut la résidence privée de Koreyoshi TAKATORI (1850–1927), un industriel influent dans l’industrie du charbon. Ce manoir est un exemple remarquable de l’architecture résidentielle de l’époque, mélangeant des éléments occidentaux et traditionnels japonais. Architecture hybride car la maison présente un style fusionnant des éléments occidentaux (comme des salles avec parquet et des fenêtres en verre) avec des caractéristiques japonaises (tatamis, portes coulissantes, jardins paysagers). Classée Bien culturel important du Japon, la résidence reflète la prospérité de l’ère Meiji et l’influence occidentale sur l’architecture japonaise de cette époque. Un guide en anglais nous a fait la visite et c’était génial ! Ensuite je suis allé au Château de Karatsu (1608) avec une vue incroyable sur la baie de Karatsu et l’île de Takashima. Quel bonheur de revoir la mer !
Après cette belle balade, je pars vers la Karatsu-yaki dori où la famille Nakazato a son four emblématique mais fermé pendant ma visite. Dommage ce sera pour une prochaine fois. Ensuite je visite la galerie Aya-gama et la charmante Teraushi FUSAKO. 1ère galerie d’une femme potière à Karatsu. Le rez de chaussée abrite un mini-musée gratuit consacré à Kokaratsu. Puis je pars rencontrer Masayuki NAKAZATO, 5ème génération du four Nakano Tōchi-gama, une magnifique galerie, un grand four Noborigama et un plus petit four à bois, un grand four à gaz et son atelier. Hâte de présenter son travail chez Maison Wabi-Sabi.
Hôtel : Hôtel KARAE – Karatsu – Préfecture de Saga.
Jeudi 21 Novembre 2024
Partir de bon matin en bus et aller à l’opposé de la ville de Karatsu pour rencontrer NAKAGAWA san. J’adore son travail depuis des années, je l’ai rencontré en 2023 à Tokyo, dans une galerie où il faisait une expo en solo. Son atelier est en pleine campagne, on visite ces 2 fours et il m’explique ces techniques de cuissons et d’engobes traditionnels de Karatsu-yaki. Sa maison et sa galerie renferme des trésors et son travail est magnifique. Brut et Wabi-Sabi comme j’aime. On discute avec sa femme et sa meilleure amie qui a vécu aux États-Unis. Une belle rencontre qui s’est terminé avec un Chirashi délicieux dans un restaurant local.
La meilleure amie de la femme de Nakagawa san m’a emmené voir les chars du Matsuri Karatsu Kunchi Hikiyama. C’est le festival du sanctuaire de Karatsu qui a lieu chaque automne. En 2016, le rituel des chars a été inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Il dure 3 jours (2, 3 et 4 novembre). 14 chars impressionnants et un groupe de musique jouant de la flûte, des cloches et du tambour défilent autour de la vieille ville médiévale. Les 14 chars ont été confectionnés de l’époque d’Edo à l’ère Meiji : lions, tortues, dorades, casque. Les chars sont fabriqués par superposition de plusieurs centaines de feuilles de papier japonais traditionnel sur une armature en argile. Ils sont ensuite peints avec de la laque, sculptés puis décorés à l’aide de laque colorée et de feuilles d’or. Entre 3 et 6 ans de fabrication. Les chars pèsent entre deux et trois tonnes. Les plus grandes œuvres d’art vernies au monde. Les chars sont visibles dans un hall dédié et ils sont superbes. Hâte de voir ce matsuri !
Terminer en beauté ces 2 jours à Karatsu ! Ichigo Ichie ! Grâce à Ema GIRARDOT, j’ai rencontré Julie et Takuya du restaurant Chosetsu-an. Un restaurant où les plats sont beaux et délicieux. Takuya collectionne la céramique depuis plus de 20ans et Julie suit le même chemin. Fan de Shōgo IKEDA comme moi. Annick, la maman de Julie était présente également, c’était une super rencontre et surtout hâte de les revoir à Karatsu.
Hôtel : Hôtel KARAE – Karatsu – Préfecture de Saga.
Vendredi 22 Novembre 2024
Départ de Karatsu pour Imari dans un joli petit train local. On se reverra Karatsu. Le bassin de Hizen regorge d’une histoire très importante avec la porcelaine. Arrivée à Imari dans la préfecture de Saga. Je laisse ma valise à la consigne de la gare et c’est parti pour une promenade dans la ville qui est très peu animée. Ancien important port de commerce d’où la porcelaine d’Arita, d’Imari, de Nabeshima et autres porcelaines étaient envoyées au Japon et à l’étranger. La ville est adorable avec ses ponts décorés, sa rivière et ses boutiques de porcelaine.
À Imari, près de la rivière, un musée abrite des pièces inestimables de Koimari (le nom donné aux anciennes porcelaines d’Imari) datant des 18ème et 19ème siècles. Elles se trouvent dans la maison élégamment préservée d’une famille de marchands. J’aime bien visiter les temples et les sanctuaires au Japon. À Imari, le sanctuaire d’Imari est établi depuis l’an 770 et protège Imari des influences néfastes en tant que gardien du kimon (porte des démons). Il éloigne les calamités et accorde sécurité personnelle, sécurité régionale, chance, longévité, sécurité routière, liens affectifs et succès dans les compétitions. On y vénère des divinités particulièrement puissantes dans ces domaines. Je repars plein de force pour la suite de mon périple.
De retour à la gare d’Imari, au 2ème niveau, on peut visiter la Imari Nabeshima Gallery. Ouverte en 2002, ce « musée de gare », spécialisé dans la poterie, est une rareté au Japon. il expose 163 pièces de céramique Nabeshima et 129 pièces de poterie Ko-Imari, qu’il alterne une par une. L’entrée est gratuite depuis 2022. L’une des plus belle céramique de la région.
Direction le village d’Ōkawachiyama pour un petit voyage en bus. Ce lieu, berceau de la porcelaine de Nabeshima (l’une de mes préférées dans la région), est riche en ateliers au savoir-faire ancestral, où chaque pièce est encore réalisée à la main. Les noms de famille d’autrefois y sont devenus des marques reconnues dans le monde de la porcelaine. Bien que les prix soient plus élevés qu’à Arita, la tradition y est profondément ancrée. Un véritable coup de cœur pour ce village, avec de belles découvertes en perspective pour les prochaines collections saisonnières.
La journée se poursuit au village d’Ōkawachiyama. Rencontre avec les maisons de porcelaine de Nabeshima. Beaucoup de belles découvertes et d’achat personnel. Des jeunes artistes modernisent ce style, ce qui est très intéressant. Sortir des dessins et des formes habituels, en s’inspirant des autres régions japonaises. Des nouvelles couleurs. Ce village est très inspirant. Si vous aimez la porcelaine, c’est ici qu’il faut venir.
Je termine ma visite par le nord du village, par où on arrive en bus. Il y un petit jardin avec des cloches porcelaines qui sonnent de temps en temps. Depuis l’époque d’Edo, de grands mortiers hydrauliques étaient utilisés pour broyer les pierres à porcelaine, produisant des sons rythmiques qui résonnaient dans la vallée. Ōkawachiyama, le « village des fours cachés », était riche en minéraux de céladon, matière première du céladon de Nabeshima. Ces mortiers ont disparu dans les années 1960, mais ont été recréés pour préserver cette tradition.
Hôtel : Sasebo Washington Hotel – Sasebo – Préfecture de Nagasaki.
Samedi 23 Novembre 2024
Après Ōkawachiyama, je rentre en bus à Imari, pour prendre un train pour Arita, puis pour Sasebo, dans la préfecture de Nagasaki. Je n’ai pas trouvé d’hôtel autour d’Arita car c’était le festival de le porcelaine à Arita et à Mikawachi, où je vous emmène. Mikawachi fait partie des 100 fours et j’ai eu un coup de cœur pour le style et pour ce petit village où la porcelaine est toujours peinte à la main. Pour commencer, on visite le Sasebo Historical Pottery Museum qui explore l’histoire locale à travers le prisme des « récipients », depuis la plus ancienne poterie du monde, le « Mametsubu-mon » (poterie à motifs de grains de haricot) », jusqu’à la céramique moderne de Mikawachi-yaki. J’étais encore seul dans le musée mais il est tellement bien construit et très pédagogique.
Je vous emmène au Musée de la Céramique de Mikawachi / Hall de l’Industrie Traditionnelle qui présente la céramique de Mikawachi, des œuvres historiques de l’époque Edo aux créations contemporaines. Les expositions, organisées chronologiquement depuis les premières poteries de style Karatsu de Hirado jusqu’aux pièces de l’ère Showa, mettent en valeur le savoir-faire raffiné de Mikawachi : finesse, peintures détaillées, décors en relief et motifs ajourés. Parmi les pièces phares, on trouve des ustensiles pour la cérémonie du thé, des objets décoratifs et de la porcelaine colorée destinée à l’exportation. C’est le principal lieu au Japon pour découvrir l’art de Mikawachi et il est de qualité !
Dans le village de Mikawachi, j’ai rendez-vous au célèbre four Hirado Shōzan 平戸松山, avec Akishi NAKAZATO, 17ème génération. Il est né en 1997 et il est la nouvelle génération a perpétuer la tradition de Mikawachi-yaki. Il m’a présenté son travail dans lequel il modernise le style de la maison en y ajoutant des couleurs et des nouvelles techniques. Le travail de son père et de son grand-père est incroyable de délicatesse. Dans la boutique de l’atelier, beaucoup de monde et surtout des connaisseurs du travail de ce four, en plus c’était le Mikawachi Festival (21 au 24/11). Le bon moment où vous pouvez voir les ateliers et rencontrer les artistes.
Je quitte Hirado Shōzan et je me promène dans le petit village de Mikawachi. Visite de l’ancien four du village, de quelques boutiques d’ateliers et je reprends la route pour la gare, direction la fameuse ville d’Arita. Welcome to Arita ! Direction le Kyūshū Ceramic Museum (九州陶磁文化館) qui est un musée consacré à l’histoire et à l’art de la céramique. Il abrite une vaste collection de poteries et de porcelaines, notamment celles des célèbres centres de production comme Arita, Imari et Karatsu. Le musée expose des pièces historiques et contemporaines, dont la précieuse porcelaine Nabeshima et des porcelaines d’exportation anciennes. Il organise également des expositions temporaires, des conférences et des ateliers, en faisant un centre culturel et de recherche majeur pour la céramique japonaise. Certaines salles étaient en restauration. Je venais voir également la Collection Shibata. L’une des plus importantes collections de porcelaines japonaises des périodes Edo et Meiji. Assemblée par Akihiko et Yukio SHIBATA sur plusieurs décennies, elle comprend plus de 10 000 pièces principalement issues des fours d’Arita et destinées au marché intérieur comme à l’exportation. Cette collection illustre l’évolution des styles, des techniques et des usages de la porcelaine japonaise, avec des pièces raffinées allant des premières productions d’Imari aux délicates porcelaines Nabeshima et Kakiemon. De toute beauté !
Ma visite d’Arita rencontre sur ma route, le four Ryūzan AOKI dont l’espace d’exposition a été déplacé dans un bâtiment datant du début de l’ère Taishō, construit par le marchand Jinichiro AOKI. Il y expose et vend les œuvres de Kiyoaki AOKI, fils aîné de Tatsuyama AOKI, membre de la House of Art au Japon, ainsi que celles de Kiyotaka AOKI. Tatsuyama AOKI est réputé pour ses bols à thé, tandis que Kiyotaka AOKI est principalement connu pour ses œuvres en porcelaine céladon. Ensuite, vu le 20th Arita Autumn Festival, je suis allé visiter le Arita Será, un immense centre commerciale sur un terrain de 66,000㎡, qui est composé de 22 boutiques spécialisée représentant la marque Arita. Plein de monde, beaucoup trop de céramiques, on ne sait plus quoi est quoi, il y a les marques connu comme Arita1616, KIHARA ou Marubun pour vous donner les plus jolies. Il y a de la céramique d’atelier et beaucoup de céramiques industrielles. À voir quand même. Enfin de retour à la gare, je me suis arrêté dans un bâtiment où des ateliers plus confidentiels faisaient une présentation de leur travail.
Hôtel : Sasebo Washington Hotel – Sasebo – Préfecture de Nagasaki.
Dimanche 24 Novembre 2024
Kami-Arita c’est ici qu’il faut venir pour trouver des petites boutiques de céramiques artisanales et industrielles aussi. J’ai visité le petit musée de la céramique d’Arita où sont rassemblées des magnifiques porcelaines. À l’étage, des pièces de la famille AOKI d’Arita. Il fait beau, c’est dimanche, festival de la porcelaine d’automne, beaucoup de monde dans les rues avec une superbe ambiance.
Visite du célèbre Sanctuaire Tōzan qui domine la ville d’Arita depuis une colline et le long de la voie ferrée, avec ses toits traditionnels à pignon et ses chiens gardiens (Komainu) en porcelaine. Fondé en 1658 sous le nom d’Arita Sarayama Sōbyō Hachimangū, il rend hommage à l’empereur Ōjin et à Nabeshima Naoshige, qui a favorisé l’installation des potiers coréens. Il revêt une importance particulière pour les artisans céramistes d’Arita et abrite un mémorial dédié à Yi Sam-pyeong 金ヶ江三兵衛, célébrant 300 ans de production de porcelaine. Le sanctuaire possède le seul torii en porcelaine du Japon, construit en 1888 et classé Bien Culturel Tangible en 2000. J’ai même ramené une Ema en porcelaine.
Je quitte Arita avec plein d’idées en tête et d’infos précieuses avec une meilleure compréhension de ce type de porcelaine. Je prends donc la direction de la préfecture de Kumamoto pour rencontrer Yamaguchi san, du Issaki-gama, four emblématique de la tradition Shōdai-yaki (16ème siècle). Il est situé dans la petite ville de Nagasu. Sa femme est également céramiste. Un couple adorable et rock-roll qui perpétue le style classique tout en explorant de nouvelles expressions artistiques. Hâte de présenter leur travail. De retour à la gare de Nagasu, un magnifique couché de soleil m’attend avec une vue sur le Mont Unzen, dans la préfecture de Nagasaki. Direction Kami-Kumamoto.
Hôtel : KKR Hotel Kumamoto – Kumamoto – Préfecture de Kumamoto.
Lundi 25 Novembre 2024
Kumamoto et son emblématique mascotte Kumamon. Grande et belle ville mais ce matin, je pars tôt en tramway à la gare de Shinkansen, puis direction le nord de la préfecture pour Shin-Tamana et enfin rencontrer MATSUNAGA san. J’aime tellement son travail depuis quelques années. C’est un spécialiste de Mino-yaki car il a travaillé à Tajimi et à étudié ce style. Il est originaire de Kumamoto où il est revenu depuis quelques années.
MATSUNAGA san habite dans la campagne et près de chez lui. Il m’a amené au Parc Koshodainosato qui est le berceau du Shōdai-yaki, qui représente Higo Kumamoto. Le Shōdai-yaki a été initié par des artisans ayant migré dans cette région depuis Buzen lorsque le seigneur Hosokawa Tadatoshi est entré à Higo en 1632. Les vestiges de poteries de l’époque Edo (poteries de jarres et poteries de Senoue) ont été préservés, ainsi que le site de filtration de l’eau et l’emplacement des tours de potiers de l’époque. Ces vestiges sont désignés comme biens culturels préfectoraux.
Quelle belle matinée avec MATSUNAGA san. Une super rencontre. Merci beaucoup. Ma route continue vers le Mont Aso, le plus vaste des volcans du Japon, avec son immense caldeira, toujours situé dans la préfecture de Kumamoto. Dernière éruption, octobre 2021. YAMASHITA san y vit avec sa femme, il utilise la terre et les roches volcaniques pour créer sa céramique. Des formes simples, sophistiquées, et des couleurs incroyables. Son travail est sublime ! Un artiste très calme et réfléchi. Avant de me raccompagner à la gare, on est allé en pleine forêt voir « Kannon à la vague », une sculpture sur un rocher posé là, tournée vers la caldeira. Un beau souvenir méditatif. Merci beaucoup YAMASHITA san.
Hôtel : KKR Hotel Kumamoto – Kumamoto – Préfecture de Kumamoto.
Mardi 26 Novembre 2024
Je continue ma découverte de Kyūshū en faisant un arrêt à Yatsushiro, dans la préfecture de Kumamoto. Je pars à la rencontre de AGANO san, 13ème génération de Yatsushiro-yaki, créée en 1602 pour le clan Hosokawa. Le céladon vert pâle et les motifs blancs incrustés sont la marque de fabrique de cette céramique. Il m’a fait une démonstration. Les objets sont principalement des ustensiles pour le thé. Belle rencontre et découverte. Il pleut à torrent et sa femme me raccompagne à la gare de Shinkansen, direction Kagoshima au sud de Kyūshū. Une belle ville dominée par le volcan actif Sakurajima, des tramways anciens et colorés, la visite de la galerie Oginna que je ne voulais pas rater et les Rāmen de Kagoshima chez Komurasaki.
Hôtel : remm Kagoshima – Kagoshima – Préfecture de Kagoshima.
Mercredi 27 Novembre 2024
Journée un peu couverte sur Kagoshima, je pars visiter le Sengan-en (仙巌園) qui est un jardin japonais historique construit en 1658 par le clan Shimazu, l’une des plus puissantes familles féodales du Japon, il servait de résidence secondaire et de jardin paysager. Ce site offre une vue spectaculaire sur la baie de Kagoshima et le volcan Sakurajima, intégré dans le paysage du jardin selon le principe du shakkei (借景, “emprunt de paysage”). Le domaine comprend des bâtiments historiques, dont une résidence aristocratique préservée, ainsi que des éléments culturels importants comme des lanternes de pierre, des étangs et des cours d’eau. Il témoigne aussi de l’ouverture précoce de la région aux influences étrangères et à la modernisation du Japon, notamment sous Shimazu Nariakira au 19ème siècle, qui y développa des industries modernes. Un jardin magnifique coloré par les couleurs des fleurs d’automne et des boutiques présentent des produits et de l’artisanat local.
Dans le jardin du Sengan-en. La visite guidée de la résidence est incroyable. Cette demeure historique construite en 1658 par le 19ème chef du clan Shimazu, Mitsuhisa, servant de villa secondaire pour la famille. Sous le 29ème chef, Tadayoshi, elle devint la résidence principale et accueillit des dignitaires nationaux et internationaux, jouant le rôle de pavillon de réception. Parmi les visiteurs notables figurent Atsuhime, le fonctionnaire du shogunat Katsu Kaishū, le tsar Nicolas II de Russie et le prince héritier britannique Édouard VIII. Les intérieurs présentent des décorations raffinées et offrent une vue imprenable sur le volcan Sakurajima. Parmi les pièces remarquables, on trouve la salle d’audience utilisée pour recevoir les invités, la salle de séjour où Tadayoshi passait la majeure partie de sa journée, et la chambre à coucher dotée d’une isolation innovante grâce à une couche de balles de riz sous le plancher. La résidence comprend également une salle de bain privée pour le chef de famille, un jardin intérieur influencé par le feng shui chinois, et des cache-clous décoratifs en céramique Satsuma-yaki représentant des motifs tels que des radis de Sakurajima ou des chauves-souris, symboles de bonheur.
À la sortie de la visite de la résidence, le soleil et la vue sur le Sakurajima est magnifique. Je continue ma promenade dans le Sengan-en (仙巌園) qui est un jardin japonais historique construit en 1658 par le clan Shimazu, l’une des plus puissantes familles féodales du Japon, il servait de résidence secondaire et de jardin paysager. Ce site offre une vue spectaculaire sur la baie de Kagoshima et le volcan Sakurajima, intégré dans le paysage du jardin selon le principe du shakkei (借景, “emprunt de paysage”). Le domaine comprend des bâtiments historiques, dont une résidence aristocratique préservée, ainsi que des éléments culturels importants comme des lanternes de pierre, des étangs et des cours d’eau. Il témoigne aussi de l’ouverture précoce de la région aux influences étrangères et à la modernisation du Japon, notamment sous Shimazu Nariakira au 19ème siècle, qui y développa des industries modernes. Un jardin magnifique coloré par les couleurs des fleurs d’automne et des boutiques présentent des produits et de l’artisanat local.
Après cette belle visite, je pars en train vers le nord de la baie de Kagoshima, pour découvrir la fameuse céramique Mingei : Ryumonji-yaki. Un premier arrêt à la station Kajiki où dans une petite vitrine, de la céramique est présentée. J’attends mon bus et direction la poterie. Je rate mon arrêt de bus et je reviens à pied par la route, traverser une petit forêt, puis un petit village au son de musique Jazzy ! Rencontrer le petit sanctuaire Daiinoue Shrine 大井上神社, les champs de riz et un magnifique soleil. Un moment unique dans ce périple.
Enfin arrivé chez Ryūmonji-yaki, céramique Mingei de Kagoshima dont l’histoire remonte à la fin du 16ème siècle, lorsque le seigneur Shimazu Yoshihiro invita des potiers coréens à s’établir dans la région de Satsuma (actuelle Kagoshima), donnant ainsi naissance à la poterie Satsuma. En 1688, Yamamoto Wan’emon, petit-fils du potier coréen Hōchin, découvrit des matières premières de qualité à Kajiki, au nord du Sakurajima, et y établit un four. Les techniques de fabrication furent transmises aux habitants locaux, et la zone environnante devint connue sous le nom de « village des potiers ». Depuis plus de 300 ans, Ryūmonji-yaki a produit des artisans renommés tels que Kawahara Hōkō, Hōju, Hōhei et Hōkō, se concentrant sur la fabrication des Utsuwa. En 1948, les potiers se sont regroupés pour former la coopérative Ryūmonji-yaki, perpétuant ensemble la tradition de fabrication et de vente de ces céramiques. La fille de KAWAHARA san m’a fait visité le grand atelier, le grand four Noborigama dont la cuisson s’était terminée la veille, la terre est filtrée 80 fois avant d’être utilisée ! Une belle rencontre et une céramique Mingei que j’adore.
Hôtel : remm Kagoshima – Kagoshima – Préfecture de Kagoshima.
Jeudi 28 Novembre 2024
Je pars en Speed Boat (1:30 de traversée) du port de Kagoshima, direction le port de Nishinoomote sur la grande île de Tanegashima. En 1543, cette île a vu débarquer les premiers Portugais au Japon, introduisant les armes à feu qui allaient bouleverser les guerres féodales. Aujourd’hui, Tanegashima est un centre spatial majeur avec la JAXA, lançant des fusées vers l’espace. Entre histoire de samouraïs et conquête spatiale, cette île est un vrai carrefour entre passé et futur. En principe je pars pour la journée…
Bien arrivé sur l’île de Tanegashima, Shōgo IKEDA m’attend et me demande où est ma valise ? Je ne comprend pas sur le moment. On va voir la zone d’embarquement et là, tous les bateaux de retour sont annulés car une tempête d’hiver arrive sur l’île. Un peu de panique 😱 et l’on file trouver un hôtel pour la nuit, non ! pour les 2 nuits car mon retour sur Kagoshima sera « sans doute » le 30 novembre à 11h. On est même allé à l’aéroport mais j’étais 20ème sur la liste d’attente. Après ce petit réglage du voyage (je vous passe les détails). Nous sommes allés manger des hamburgers faits maison près d’un onsen, puis la visite du site du Centre Spatial de Tanegashima. L’île est magnifique, pleine d’une forêt luxuriante et dense. La tempête arrive et je vais passer un moment unique.
Après cette longue route en voiture avec IKEDA san. Nous arrivons à son atelier situé au nord de l’île. Sa maman Yukiko m’a accueillie chaleureusement. Il travaille dans une grande cabane en bois où sont toutes ses créations terminées ou en cours. Il a un four à bois et un four à kérosène. Son tout premier four à bois est toujours présent mais il s’est effondré. Un showroom dans une grande cabane regroupe des pièces d’exception. Dans le jardin sont disposées des anciennes jarres Tanegashima-yaki et des sculptures d’IKEDA san. Découvrir l’antre de ce grand céramiste est pour moi, très émouvant et impressionnant. Son humilité est un cadeau. J’ai aussi commandé une cinquantaine de pièces pour l’expo/vente d’Octobre 2025.
Hôtel : Ryokan IKEDA Lamp – Tanegashima – Préfecture de Kagoshima.
Vendredi 29 Novembre 2024
IKEDA san m’a déposé la veille au Ryokan Ikeda. Une ancienne maison japonaise rénovée par LAMP Architect. Je reste 2 nuits, ce qui me permet de me reposer, le vent souffle très fort à l’extérieur, un petit supermarché est situé à 100m du ryokan pour pouvoir me ravitailler, j’ai mon ordinateur pour travailler tranquillement dans la chambre. Je check avec les gérants mon billet de retour et je suis repositionné sur le samedi 30 novembre à 11h. Yatta ! Bonne nouvelle !
Hôtel : Ryokan IKEDA Lamp – Tanegashima – Préfecture de Kagoshima.
Samedi 30 Novembre 2024
C’est le grand jour, je repars vers Kagoshima dans mon speedboat de 11h. Le soleil est au rendez-vous, Shōgo IKEDA et sa maman Yukiko sont venus me dire au revoir au port. Yukiko m’a apporté pour la traversée : du thé, des patates douces et des clémentines. Tellement adorable ! Tanegashima a été une belle expérience pendant ce voyage. 1h30 de bateau et me voilà à Kagoshima. Je retrouve ma chambre d’hôtel, une bonne douche et je repars à la gare de Kagoshima, direction le nord ouest de la préfecture. J’ai pu conserver un seul rendez-vous important dans le sud de Kyūshū.
Direction Higashi-Ichiki pour rendre visite au célèbre atelier et four Chinjukan-gama, pure Satsuma-yaki. La préfecture de Kagoshima s’appelait le domaine de Satsuma. Je devais visiter cet atelier, la veille, avec le responsable. Ce sera le directeur du musée, KODAMA san, qui me fera la visite guidée. Des pièces exceptionnelles avec des détails tellement minutieux. C’est beau ! Ensuite la visite se poursuit vers le four Noborigama d’une centaine d’année qui est brûlé au printemps et en automne, des longs bois d’Hinoki sont ajoutés sur les côtés de chaque chambre pendant la cuissons. Un vieux four à glaçure est toujours debout près du four. Les ateliers où chaque Shokunin est concentré à sa tâche. Une belle découverte, une céramique élégante connectée avec la France au 19ème siècle. Je repars avec le catalogue du musée en anglais (ce qui est rare au Japon) et retour à mon hôtel pour une dernière soirée dans le sud de Kyūshū.
Hôtel : remm Kagoshima – Kagoshima – Préfecture de Kagoshima.
Dimanche 1 Décembre 2024
Départ de Kagoshima pour Kyōto. Mais avant cela je m’arrête près du mont Fukuchi, au sud-sud-ouest de Kitakyūshū pour rencontrer l’autre céramique Agano-yaki hosted by WATARI san, 12ème génération, plus de 400 ans d’histoire. Une céramique proche des couleurs de Karatsu mais très coloré sauf qu’il suit la tradition de ces ancêtres. Des formes modernes que j’aime beaucoup. Un délicieux matcha, une visite de sa galerie et il m’a montré des tessons de 400 ans d’âge.
Ma visite avec WATARI san se poursuit avec la visite de son atelier, son énorme Noborigama qu’il utilise toujours et son petit Makigama qu’il n’utilise plus. Son atelier est très grand, il fait tous ses émaux à base de végétaux, de coquillages et de pierres. Sa machine pour concasser est impressionnante, ne surtout pas mettre ses doigts. On retrouvera son travail chez Maison Wabi-Sabi courant 2025. J’ai oublié de prendre une photo avec lui. Une prochaine fois sûrement.
Pour finir cette visite avec WATARI san, il me parle d’un ancien chef du restaurant de soba : YEN, dans le 6ème arrondissement de Paris. Il est entrain d’ouvrir son premier restaurant, en pleine rénovation d’une ancienne maison traditionnelle japonaise, avec un immense jardin. Son restaurant s’appelle : Sobaya Kodaruma. WATARI san a réalisé la vaisselle. C’était super de le rencontrer et d’e hanger en français avec lui. Ganbatte Kudasai Ryo YAMAOKA. Ensuite on est parti manger des Rāmen de la région, un délice ! Et WATARI san m’a ramené à la gare de Fureari Shōriki, puis direction Nōgata.
De Nōgata à Kyōto en Shinkansen, environ 4 heures, Ce tour à Kyūshū était une très belle expérience, encore beaucoup de lieux à visiter mais ce sera pour un autre voyage. Je rejoins mon ami à Kyōto pour se reposer, apprécier Kōyō et fêter mon anniversaire. L’arrivée à la gare de Kyōto me fait tellement de bien, beaucoup de monde désormais, mais un bonheur de la retrouver.
Hôtel : Hotel M’s EST Kyōto Station South – Kyōto – Préfecture de Kyōto.
Lundi 2 Décembre 2024
Un bon repas et une bonne nuit à notre hôtel situé au sud de la gare de Kyōto. Bon emplacement pour naviguer dans la ville et hors de la ville. Ce matin, direction Arashiyama, à l’ouest. Un expresso obligatoire et on part visiter le Tenryū-ji qui est un temple bouddhiste zen de l’école Rinzai. Fondé en 1339 par le shogun Ashikaga Takauji en mémoire de l’empereur Go-Daigo, avec le maître zen Musō Soseki comme premier abbé, il est classé premier parmi les cinq grands temples zen de Kyōto. Le temple a subi 8 incendies majeurs entre 1358 et 1864, mais a été reconstruit à plusieurs reprises. Malgré la confiscation de la majorité de ses terres par le gouvernement Meiji en 1877, le Tenryū-ji a continué ses efforts de reconstruction jusqu’à la fin du 19ème siècle. Le temps est exceptionnel ! Bonne visite.
Ensuite, on ressort du bâtiment principal pour visiter le jardin Sōgenchi, conçu par Musō Soseki. Il est resté inchangé depuis sa création il y a plus de 700 ans et est désigné comme un lieu de beauté pittoresque spéciale au Japon. Aujourd’hui, le Tenryū-ji est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO et continue d’être un centre actif de la pratique zen, tout en offrant aux visiteurs une expérience spirituelle et culturelle unique. Avec les érables et le soleil c’est un lieu incontournable à visiter à Arashiyama.
On poursuit notre visite vers le nord d’Arashiyama où il y a moins de monde. Le Rakushisha 落柿舎 ou le petit moment de quiétude où vécut Kyorai MUKAI 向井去来 (1651- 1704), écrivain de Haïkus, disciple de Matsuo BASHŌ 松尾芭蕉 (1644-1694). Il construisit lui-même sa demeure, avec de l’argile, ainsi que son jardin planté d’une quarantaine d’arbres à kakis. Par une nuit de tempête, presque tous les kakis tombèrent des arbres sur le sol. Le lendemain matin, à la vue de ce spectacle, le poète la baptisa ainsi du nom original de 落柿舎 « la chaumière où tombent les kakis ». La maison es là, telle quelle, immuable, hors du temps, ainsi que les arbres, les objets personnels de l’homme… Visite au chant des oiseaux et un soleil radieux.
Notre promenade nous amène découvrir le petit temple Gioji. Une modeste cabane au toit de chaume, entourée d’une bambouseraie et d’érables, apparaît dans « Le Dit des Heike » sous le nom de couvent de l’amour tragique. C’est en ce lieu que la danseuse Gio se réfugia avec sa mère et sa jeune sœur, fuyant leur maison dans la capitale pour devenir nonnes après être tombée en disgrâce auprès de Taira no Kiyomori. Le temple Gioji se situe dans l’enceinte de l’ancien temple Oujyo-in et aurait été fondé par Ryochin, un disciple de Hōnen Shōnin. L’ancien temple Oujyo-in, dont le vaste domaine s’étendait à flanc de montagne, tomba progressivement en ruine, ne laissant subsister que ce modeste couvent, qui devint plus tard connu sous le nom de temple Gioji.
Après cette belle visite, juste à côté une belle galerie, dans une forêt de bambous, accueille l’exposition des Chawan de Claire LANDAIS SAUVAGE. Quel plaisir de la retrouver à Kyōto et le hasard fait bien les choses, Sarah ROBINE, photographe d’artisan est présente car elle réalise son premier voyage au Japon. Dégustation d’un thé et découverte de son travail au Japon.
Après cette belle exposition, nous continuons notre promenade vers le temple bouddhiste Adashino Nenbutsu-ji. Fondé à l’époque Heian par le moine Kūkai, il est connu pour ses 8000 statues de pierre commémorant les âmes oubliées. Autrefois, cette colline servait de site funéraire où les défunts étaient laissés à la nature. Aujourd’hui, le temple rend hommage à ces esprits avec une cérémonie annuelle de lumière, le Sento Kuyo, où des bougies illuminent les statues à la tombée de la nuit. Entouré de bambous et d’érables, Adashino Nenbutsu-ji offre une atmosphère à la fois paisible et mélancolique, imprégnée de l’histoire de Kyōto.
Nous avons terminé notre journée au Daikaku-ji (大覚寺). Un temple bouddhiste de l’école Shingon (Kōyasan). Il a été fondé en 876 sur ordre de l’empereur Saga et servait initialement de palais impérial avant d’être converti en temple. Ce lieu est particulièrement connu pour son étang Osawa-no-ike, l’un des plus anciens jardins paysagers du Japon, conçu pour la contemplation de la lune. Le temple est aussi réputé pour son rôle dans la tradition de la calligraphie impériale et pour son lien avec la famille impériale. En fin de journée, quand la lumière du soleil commence à descendre, la lumière est très belle autour du lac. Un beau moment et une belle promenade.
Hôtel : Hotel M’s EST Kyōto Station South – Kyōto – Préfecture de Kyōto.
Mardi 3 Décembre 2024
Ce matin, nous partons dans le nord, vers la station Demachiyanagi, traversée de la Kamogawa avec un superbe soleil. J’ai beaucoup de chance avec le temps depuis le début de mon séjour au Japon. On part se promener dans le jardin du palais impérial pour voir les magnifiques et gigantesques Momiji et Ginkgo.
Passage obligé au Raku Museum de Kyōto. Exposition de Mukōzuke et des bols de la 16ème génération. On ne peut pas prendre de photos des céramiques à l’intérieur mais j’ai pris un cartel en photo car j’ai beaucoup aimé le texte sur un bol : Raku Kichizaemon XVI (1981-) Bol à thé Imayaki (now ware), fabriqué en 2021, collection privée : La famille Raku est une dynastie céramique traditionnelle qui a toujours valorisé une attitude créative. La tradition n’est jamais une simple adhésion au passé ; c’est la devise de la famille Raku. Cela signifie ne jamais imiter le passé et, en particulier, ne jamais suivre les traces de ses parents. C’est une décision résolue de ne jamais hériter du nom de famille à l’identique. La 16ème génération a succédé à son père, qui était la 15ème génération, en 2019, pour assumer la direction sous le nom de Kichizaemon XVI. Son style se distingue de celui de son père. Il établit un nouveau langage unique qui prend en compte le contexte contemporain dans son ensemble. Son style actuel évolue en cherchant uniquement sa propre singularité et ne cherche pas l’unicité pour elle-même. Il est donc passionnant de voir quel chemin créatif il empruntera à l’avenir.
On décide de partir à Kurama dans le nord-est de Kyōto. J’aime beaucoup de lieu mystique où le Tengu 👺 peut apparaître à chaque coin de la forêt. Le Kurama-dera (鞍馬寺) est un temple bouddhiste fondé en 770, il est perché sur le mont Kurama et est associé à la secte bouddhiste Kurama-kokyō, une branche ésotérique distincte. Le temple est célèbre pour son atmosphère mystique, ses liens avec les légendes de Tengu (esprits ailés du folklore japonais) et son rôle dans la formation de Minamoto no Yoshitsune, un célèbre samouraï du 12ème siècle. Accessible par un sentier de randonnée ou un funiculaire, Kurama-dera est aussi connu pour son festival du feu, le Kurama no Hi Matsuri, qui a lieu chaque année en octobre.
Notre randonnée à travers les immenses cèdres se poursuit vers Kifune, un petit village réputé pour son sanctuaire, sa rivière et des ryokan. Le Kifune-jinja, dédié à la déesse de l’eau, est célèbre pour ses marches en pierre bordées de lanternes rouges. Selon la légende, une déesse y aurait débarqué sur un bateau jaune, dont les vestiges seraient recouverts par de grandes pierres à Okunomiya, l’ancien sanctuaire situé un kilomètre plus loin. Le site est fréquenté par les professionnels de l’industrie alimentaire qui y prient pour la prospérité de leur entreprise. Il est aussi connu pour ses omikujis uniques et ses techniques de divination par l’eau. La lumière baissait rapidement en automne et le lieu est magique à la tombée de la nuit. Nous sommes rentrés à pied vers la station de train la plus proche, illuminée par le light-up des Momiji jusqu’à la Station Demachiyagi. Quel bel après-midi dans la nature !
Hôtel : Hotel M’s EST Kyōto Station South – Kyōto – Préfecture de Kyōto.
Mercredi 4 Décembre 2024
Ce matin, il fait frais et le temps se couvre un peu. Vers l’ouest de notre hôtel se situe l’emblématique Tō-ji (東寺). C’est un temple bouddhiste fondé au 8ᵉ siècle. Il est célèbre pour sa pagode à cinq étages, la plus haute du Japon, symbole majestueux de la ville. En automne, le site se pare de couleurs flamboyantes grâce aux érables et ginkgos qui entourent les bâtiments historiques. L’ambiance devient particulièrement magique à la tombée de la nuit, lorsque les feuillages d’automne sont illuminés lors du light-up saisonnier. Tō-ji est aussi connu pour son marché mensuel Kōbō-san, qui attire de nombreux visiteurs. Je n’étais pas venu depuis 2008. J’aime beaucoup les lieux de l’école bouddhique Shingon, souvenirs de Kōyasan et de l’époque Heian.
L’après-midi se poursuit sous un beau soleil. On part visiter le château Nijo qui fût la résidence des shogun Tokugawa, symbolisant le pouvoir et le prestige de Tokugawa Ieyasu. Entouré de douves, de murs massifs et de jardins, il reflète leur autorité durant plus de 260 ans. Le palais abrite de magnifiques œuvres d’art, notamment des paravents peints par l’école Kano, destinés à impressionner les visiteurs. On y trouve aussi les célèbres « planchers de rossignols », conçus pour détecter les intrus. Les paysages sont splendides en automne. J’aime beaucoup ce jardin avec les cerisiers en soirée. Passage obligé à Kyōto. On rejoint notre ami Robin le Texan qui vient à Kyōto pour la première fois. Un Japanese Mojito à base de Nigori au rooftop de l’hôtel Nohga, dans le quartier du Kiyomizu et hop au dodo.
Hôtel : Hotel M’s EST Kyōto Station South – Kyōto – Préfecture de Kyōto.
Jeudi 5 Décembre 2024
Nouvelle belle journée en perspective, on part à la découverte d’un spot idéal pour Kōyō. Le Tōfuku-ji (東福寺) qui est un important temple bouddhiste zen. Fondé en 1236 par le prêtre Enni Ben’en sur ordre du régent Kujō Michiie, il appartient à l’école Rinzai du zen. Son nom est une combinaison de deux grands temples chinois : Tō de Tōdaiji et Fuku de Kōfukuji, en hommage à ces institutions. Célèbre pour son architecture zen et ses jardins secs (karesansui) conçus par le paysagiste Shigemori Mirei. Il est surtout renommé pour ses érables flamboyants à l’automne, attirant de nombreux visiteurs chaque année. Le pont Tsūtenkyō, qui surplombe une vallée boisée, offre une vue spectaculaire en toute saison. Il est le temple principal d’un ensemble de 25 sous-temples et l’un des cinq grands temples zen de Kyōto (Kyoto Gozan). Malgré plusieurs incendies au fil des siècles, il conserve de précieux éléments, dont une porte Sanmon du 14ème siècle, considérée comme la plus ancienne porte zen du Japon.
À côté du Tōfuku-ji, le jardinier-paysagiste SHIGEMORI a renouvelé l’art des jardins par exemple en intégrant des motifs géométriques, tels les damiers ou les diagonales et en dressant verticalement certaines pierres. Ce temple abrite quatre jardins, tous créés dans les années 1930. Unique en son genre, chacun est orienté dans une direction différente et dispose de diverses combinaisons de gravier, de pierres, de mousse et d’arbres. Le jardin nord se distingue par son motif en damier impeccable, où alternent des plaques carrées en pierre et en mousse. Une terrasse derrière les jardins offre une vue sur le Tsuten-kyo, ou « pont du ciel ».
Ensuite, nous avons visité le temple zen adjacent. Le temple Kōmyō-in, fondé en 1391, est un sous-temple zen du Tōfuku-ji. Connu pour son jardin sec « Hashin-tei », conçu en 1939 par Mirei SHIGEMORI, il symbolise l’univers bouddhique avec ses pierres dressées et ses mousses colorées, d’où son surnom de « temple de la mousse arc-en-ciel ». Moins fréquenté que d’autres sites, il offre un lieu paisible propice à la méditation et propose parfois des cérémonies du thé avec le prêtre. Il y avait l’exposition de Akiteru KAWAI, la 3ème génération de Kawai Kōbō, dans le premier était le neveu de Kanjiro KAWAI. Très belle expo Mingei dans ce lieu paisible.
Nous sommes allés visiter la maison de Kanjirō KAWAI, l’un des fondateurs du mouvement Mingei. Un passage obligé pour les amoureux de la céramique. Désormais c’est un musée installé dans la résidence du céramiste, construite en 1937. Elle reflète sa vision artistique en mariant architecture japonaise traditionnelle et éléments occidentaux. L’intérieur, resté fidèle à son époque, permet aux visiteurs de découvrir ses pièces de vie, meublées de tatamis, Shoji et objets du quotidien, ainsi que ses œuvres exposées dans leur cadre original. L’ensemble offre une immersion intime dans son univers.
Derrière la maison, l’atelier de KAWAI, conservé tel quel, abrite son tour, ses outils et surtout un imposant four Noborigama à huit chambres, qui, en variant température et atmosphère (jusqu’à 1 350 °C), offrait une richesse d’effets de glaçure et témoigne de son savoir-faire. Le jardin attenant, petit mais soigneusement agencé, mêle éléments traditionnels et touches personnelles de KAWAI, changeant au fil des saisons et renforçant le lien entre son œuvre et la nature.
La visite se poursuit à mon temple préféré de Kyōto. Le Kennin-ji 建仁寺 qui est le plus ancien temple zen de Kyōto, fondé en 1202 par le moine Eisai. Situé près de Gion et de la Minshuku où je résidais à chaque fois, il appartient à l’école Rinzai du bouddhisme zen. On y trouve des jardins zen, des bâtiments historiques et des œuvres célèbres comme la peinture des “Dragons jumeaux” et les paravents “Dieux du vent et du tonnerre”. En fin de journée, la lumière est très belle. Le soleil se couche sur la rivière au canard, il est tard et l’on trouve un restaurant « Yasubee » de Yakisoba et d’Okonomiyaki, sur Pontocho dori. Simple et délicieux. Itadakimasu ! C’était une belle journée.
Hôtel : Hotel M’s EST Kyōto Station South – Kyōto – Préfecture de Kyōto.
Vendredi 6 Décembre 2024
Aujourd’hui, enfin en décembre dernier, c’était mon anniversaire et je voulais être à Kyōto ma ville de cœur. Ce matin, on part vers le chemin de la philosophie pour méditer sur ma vie, lol non je plaisante. Même en automne c’est agréable de se promener, idéalement le matin car il y a moins de monde. Les érables sont bien rouge, les canards se baignent, il fait beau, le bonheur !
En haut du chemin de la philosophie, se trouve le pavillon d’argent, qui n’est pas argenté mais qui est sublime quand même. Le Ginkaku-ji, ou Higashiyama Jishō-ji, est un temple zen, fondé par le Shōgun Yoshimasa ASHIKAGA au 15ème siècle. Initialement conçu comme une villa de montagne, il reflète l’esthétique Wabi-Sabi, valorisant la simplicité et l’imperfection. Transformé en temple après la mort de Yoshimasa, il incarne l’esprit de la culture Higashiyama. Son jardin de sable, avec le cône symbolisant le mont Fuji, et ses paysages boisés offrent une expérience spirituelle et esthétique unique. Il demeure un témoignage vivant de la quête de beauté et de sérénité du Japon médiéval.
Cette journée d’anniversaire se termine au discret restaurant TAN à Kyōto. Un restaurant où je voulais aller depuis longtemps et où la céramique artisanale est très présente et de grande qualité. Un dîner Omakase au Sake, quelques céramiques de Kai TSUJIMURA, et d’autres artistes japonais. Je discute avec le chef à propos de Maison Wabi-Sabi et là, c’était Noël, il m’a ouvert ces placards et montré sa collection de céramiques incroyables. Il est fan du travail de la famille TSUJIMURA. Une super rencontre. Hâte d’y revenir et à réserver en avance.
Hôtel : Hotel M’s EST Kyōto Station South – Kyōto – Préfecture de Kyōto.
Samedi 7 Décembre 2024
On part tôt ce matin, direction la gare de Demachiyanagi, dans le nord-est de Kyōto. Cette station vous amène également à Kurama. Mais nous, on décide d’aller plus haut. Après un train, un cable-car, un téléphérique et un bus. Nous arrivons sur le Mont Hiei avec le Temple Enryaku-ji, fondé en 788 par le moine Saichō, qui est le berceau du bouddhisme Tendai. Situé au cœur d’une forêt sacrée, il forme des moines depuis plus de 1200 ans. Classé UNESCO, c’est un lieu de méditation, d’histoire et de spiritualité profonde. Une belle journée et on a terminé par un restaurant de Kushiage par très loin de notre hôtel.
Hôtel : Hotel M’s EST Kyōto Station South – Kyōto – Préfecture de Kyōto.
Dimanche 8 Décembre 2024
Ce dimanche, on part avec Bernard vers le chemin de la philosophie pour rendre visite à Robert YELLIN qui est un expert américain de la céramique japonaise, installé au Japon depuis les années 1980. Spécialisé dans les styles traditionnels comme Bizen, Shino ou Oribe, il a longtemps écrit pour le Japan Times et dirige aujourd’hui la Robert Yellin Yakimono Gallery. Par son travail d’écriture, de conseil et d’exposition, il contribue activement à faire connaître et apprécier la richesse de la poterie japonaise auprès d’un public international. Une belle rencontre et je vous conseille vivement de visiter sa galerie ! Puis déjeuner à la gare de Kyōto car ensuite je repars à Hakata, sur Kyūshū pour 2 jours avec EAST France et participer à un évènement autour de la gastronomie locale.
On se retrouve à l’hôtel avec Mayu de EAST France puis avec HARADA san dans un restaurant où l’on mange le Hakata Mizutaki (restaurant Aun Hakata Mizutaki) une sorte de Pot au feu au poulet, on utilise un bouillon de poulet pour rehausser la saveur des ingrédients et se mange avec un peu de ponzu, une sauce acidulée à base d’agrumes. Une fois que les poulets et légumes et tofu ont été dégustés, cette spécialité de Fukuoka se transforme en un second plat avec l’ajout de riz ou de Udon. Un dîner excellent.
Hôtel : APA Hotel Fukuoka Tenjin West – Fukuoka – Préfecture de Fukuoka.
Lundi 9 Décembre 2024
Après le super dîner de la veille, ce matin on a rendez-vous chez Fukuoka Foodtec Lab pour retrouver HARADA san qui est en pleine finalisation de l’événement « Megourmake » où l’on se retrouvera demain. Fukuoka Foodtec Lab est une filiale de EAST Japan, elle est spécialisée dans le Local Food et l’agriculture locale. Dans les bureaux, il y a un petit restaurant qui se nomme Asuka Plate et qui est fortement recommandé. Ensuite on est allé manger des Rāmen Nagahama, avant d’aller se promener en mer !
Après ce frugal déjeuner, nous avons rendez-vous avec WATANABE san. Il travaille à Hong-Kong, il a permis à des producteurs d’huîtres de se développer au niveau international, en renforçant leur communication et en introduisant leurs huîtres auprès des grands hôtels en Asie. Succès incroyable ! Dans le cadre de l’événement Megourmake, on a invité une 15aine de spécialistes du food et des journalistes pour découvrir les fameuses huîtres Karatomari Ebisu Oyster. Quoi de mieux d’y aller en bateau avec les pêcheurs pour les découvrir. Alors nous voilà parti pour une promenade en mer. 1er stop, du saké immergé par très loin du large dans des paniers, ce qui permet de le bercer tranquillement au rythme des vagues. Ensuite on repart beaucoup plus au large pour voir comment les huîtres pleine mer sont cultivées. C’est une sorte de berge fabriquée avec des longs bambous. Les huîtres sont accrochées sur une corde et elles baignent dans l’eau pendant 1 an. Elles sont charnues et se consomment plutôt chaudes. Enfin, on est parti voir les petites huître qui se mangent froides et sont récoltés au bout de 6 mois. Elles poussent dans des casiers à fleur d’eau, elles sont balancées au rythme des vagues.
C’est bien connu, le bateau ça donne faim ! Nous voilà en route avec le groupe pour la hutte de Kamatomari. Le principe est simple, vous achetez vos huîtres fraîches à l’entrée du bâtiment, vous vous installez à un barbecue, on vous apporte le charbon pour démarrer votre barbecue, vos huîtres, et c’est parti pour la dégustation avec sauce Ponzu ou Shoyu ! Un délice et surtout une super idée pour découvrir les huîtres de Fukuoka.
Nous avons visité la brasserie de Sake Shiraito, fondée en 1855 et toujours tenue par la même famille depuis huit générations. Située au pied du mont Sefuri, elle allie tradition et modernité. Au programme : visite des installations, projection vidéo, et dégustation de leurs Sake. La journée s’est terminée avec la soirée d’inauguration de Megourmake 2024 : dégustations, tests produits et belles rencontres pour EAST France. Une soirée conviviale et prometteuse.
Hôtel : APA Hotel Fukuoka Tenjin West – Fukuoka – Préfecture de Fukuoka.
Mardi 10 Décembre 2024
Le grand jour de la conférence à Megourmake. Un moment important pour 3 sociétés de parler de leurs projets respectifs. Une belle opportunité pour Yann san de Maison Wabi-Sabi de parler de son projet. Merci beaucoup pour l’invitation. Au plaisir de revenir à Fukuoka. Je suis rentré ensuite à Kyōto en Shinkansen.
Hôtel : Hotel M’s EST Kyōto Station South – Kyōto – Préfecture de Kyōto.
Mercredi 11 Décembre 2024
Aujourd’hui c’est à Nara que l’on part, il fait beau et frais, les daims ou les messagers des dieux sont nombreux à nous saluer. On est passé près de la pagode du Kofukuji, en complète rénovation. Deux des curiosités du site sont les pavillons octogonaux. Le Hokuendō a été construit en 721 et est considéré comme le plus beau pavillon octogonal du Japon. Le Nananendō a été construit environ 100 ans après le Hokuendō. Ensuite, on est allé au Parc de Nara pour se promener.
Notre promenade à Nara, nous amène au porte du Tōdai-Ji. Temple bouddhique majeur fondé au 8ᵉ siècle par l’empereur Shōmu. Il a été construit pour abriter une immense statue de Bouddha Vairocana, symbole de paix et de protection pour tout le pays. Malgré les incendies, les séismes et les guerres, le temple a été reconstruit plusieurs fois au fil des siècles. Son pavillon principal, le Daibutsu-den, reste aujourd’hui la plus grande structure en bois au monde. Plus qu’un site historique, le Tōdai-ji est un lieu vivant de culte et de tradition, profondément ancré dans l’histoire spirituelle du Japon. A chaque saison le jardin se transforme et c’est un régal pour les yeux. En repartant, nous sommes allés au Musée du Tōdai-ji ouvert en 2011, protège et expose les trésors du temple (régulièrement menacés par incendies et séismes depuis le 8ème siècle. Il compte 5 galeries, dont une recrée le sanctuaire du Hokkedō, et accueille aussi des expositions temporaires.
’après-midi était consacré à la visite de l’atelier de Takuya KANAMOTO, en direction du sud de Nara. Nara est connue sous le nom de « Yamato no Kuni 大和国 », ou Province de Yamato. Il a nommé sa poterie « Yamato Oribe ». Ses œuvres adhèrent aux caractéristiques de l’Oribe-yaki 織部燒 et y intègrent son propre style. Chaque Utsuwa peut être qualifié d’œuvre d’art. Il a hérité de la maison où vivaient ses grands-parents et l’utilise désormais comme lieu de travail et de résidence. J’ai pu voir plein d’autres pièces très intéressantes pour les futurs collections. Merci pour votre accueil Kanamoto san. On a reprit le train pour Kyōto pour manger chez Musashi, Kaitenzushi depuis 1977.
Hôtel : Hotel M’s EST Kyōto Station South – Kyōto – Préfecture de Kyōto.
Jeudi 12 Décembre 2024
J’ai rendez-vous avec mon amie Keiko à la gare de TENRI, au sud de Nara. (Keiko m’a expliqué ce que c’était TENRI par la même occasion, je vous laisse chercher 😅) Nous allons rencontrer 2 céramistes que j’admire depuis des années. Les 2 fils de Shirō TSUJIMURA, Yui et Kai TSUJIMURA. De la gare de TENRI, on a fait une longue route vers la forêt pour retrouver Yui san. Il nous a montré sa production, son atelier, son four anagama, puis il nous a invité à boire un matcha au chaud dans sa maison. Nous avons rencontré également sa femme. Une belle rencontre et une grande fierté de présenter son travail chez Maison Wabi-Sabi.
Petite pause déjeuner avec mon amie Keiko. Mais c’est aussi le grand jour de l’interview pour le Mainichi Shinbun, en visio TEAMS avec Ryota SAITŌ car je ne pouvais pas aller à Tokyo. Vous pouvez retrouvez l’article dans la partie : Interviews de Yann san, du site internet de Maison Wabi-Sabi. C’est un honneur de parler de mon projet, en japonais, à des Japonais. Merci à Keiko pour cette organisation parfaite.
L’après-midi est consacrée à la rencontre avec Kai TSUJIMURA, frère de Yui et fils de Shirō TSUJIMURA. Ensemble, ils perpétuent une tradition familiale tout en développant chacun un langage céramique personnel. Son travail se distingue par une grande diversité de styles et de techniques. Il maîtrise aussi bien le Shigaraki-yaki, le Iga-yaki, que le Kohiki, le Kuro-Oribe, ou encore les pièces en Yakishime (cuisson sans glaçure à haute température). Son approche reste fidèle à l’esprit Wabi-Sabi, où l’imperfection, la matière brute et la spontanéité sont essentielles. Ces céramiques vieillissent dans sa forêt comme du bon vin. Il habite dans cette maison depuis plus de 20ans. Je vous laisse imaginer les trésors qui dorment au gré des saisons. Un rêve devenu réalité de les rencontrer.
Hôtel : Hotel M’s EST Kyōto Station South – Kyōto – Préfecture de Kyōto.
Vendredi 13 Décembre 2024
Et si on partait à Takamatsu de Kyōto, car oui, on peut y aller en train. Il faut faire un stop à Okayama et prendre le Marine Liner directement pour Takamatsu. Le long de la ligne Seto-Ohashi, une série de pont sautant d’îlot en îlot, inauguré en 1988, s’étant sur 9,4km. La vue est dingue. Je portes ma seconde casquette pendant le ceramic tour 2024, mon travail avec EAST France. Bien arrivé à Takamatsu, Mayu, Matchan et Ichi m’attendent à la gare. Et devine où on va ? Manger bien évidemment, des Udon au beurre, carbonara japonaise, les Udon sont une spécialité réputée de Takamatsu. Le spot s’appel « Udon Baka Ichidai ». Plein de monde à l’entrée et à l’intérieur, une file d’attente en continue. Je commandes des Udon avec des tempura et un jaune d’œuf. Et là, c’est une révélation, qu’est ce que c’est bon ! Je recommande à 200%.
Après des Udon incroyables, nous partons en voiture pour découvrir le glamping Umi to Taico, qui appartient à EAST. Il est situé à l’extrémité de la péninsule d’Aji, dans la préfecture de Kagawa, en bord de mer et offrant une vue exceptionnelle sur la mer intérieure de Seto. Ce lieu unique propose des hébergements variés, allant des emplacements pour tentes aux bungalows équipés, avec accès à un café, des installations modernes et des activités en pleine nature. L’ambiance y est calme et propice à la détente, loin de l’agitation urbaine. On peut y profiter de barbecues en plein air, de balades en kayak ou encore participer à des ateliers autour de la nature et de l’écologie. Umi to Taico met un point d’honneur à préserver l’environnement et à encourager un mode de vie durable. C’est une destination idéale pour les familles, les groupes ou les voyageurs en quête d’une expérience authentique, immersive et respectueuse de la nature.
Ichi nous amène dans un temple accroché sur la falaise avec une vue imprenable sur la mer intérieure de Seto. Le cap Takei Kannon, point le plus au nord de l’île principale de Shikoku, se trouve dans l’enceinte du temple Takei Kannon-ji. En suivant le chemin côtier depuis le temple, on atteint une grotte servant de sanctuaire intérieur. En 1590, Chikamasa IKOMA y installa le Bato Kannon comme divinité protectrice du château de Takamatsu. Plus tard, sous l’ère Kan’ei, Yorishige MATSUDAIRA y fit également consacrer le Bodhisattva Seishi et le Kannon à onze visages. Haut lieu spirituel depuis des siècles, le cap est aussi appelé « Kannon-zaki » ou « Cap Takei ». J’ai ramené une amulette en souvenir de ce lieu plein de « Power ».
Ensuite on part en visite dans les hauteurs de Takamatsu pour visiter Yashimāru. Conçu par EAST Japan par Takashi SUO de Sanaa Architecture. Situé au sommet du mont Yashima, c’est un observatoire moderne inauguré lors de la Triennale de Setouchi 2022. Conçu comme un long corridor vitré ouvert sur le paysage, il offre des vues spectaculaires sur la mer intérieure de Seto, classées parmi les 100 plus beaux couchers de soleil et panoramas nocturnes du Japon. Le lieu accueille aussi un café, une salle polyvalente et surtout une œuvre exceptionnelle : le seul panorama peint de grande échelle au Japon (Un rêve d’une nuit à Yashima de Toyomi HOSHINA). Avec EAST France, on participait au Vintage Market.
De Yashimāru, on est allé visiter le temple 84 Yashima-ji et le temple 85 Yakuri-ji. Tous deux font partie du Ohenro, le pèlerinage des 88 temples. Ensuite on a rejoint Ninomiya san, tailleur de pierre de la marque AJI Project, avec qui EAST France travaille. Il nous a montré son atelier, ses projets en cours et son équipe. Pour finir cette belle journée, on est allé tous ensemble manger des Kama-age udon dans une institution locale : Udon Honjin Yamada-ya. Un délice et le lieu est authentique. Merci beaucoup EAST France.
Hôtel : Super Hotel Takamatsu Tamachi – Takamatsu – Préfecture de Kagawa.
Samedi 14 Décembre 2024
Toujours à Takamatsu, je rejoins Mayu de EAST France pour visiter le magasin Mingei Fukuda. J’adore ces magasins car vous pouvez trouver plein de types d’artisanat de qualité. Des petites amplettes avant de repartir pour Iga, dans la préfecture de Mie. Un long voyage en train, en passant par le pont Seto Ohashi. Merci Takamatsu, Shikoku est une île méconnue qu’il faut visiter impérativement. J’arrive à Iga en fin de journée. Quel périple !
Hôtel : Route Inn Grantia Wakuranoyado Iga ueno-jo mae – Iga – Préfecture de Mie.
Dimanche 15 Décembre 2024
Une vue superbe au réveil sur Iga, dans la préfecture de Mie. Il fait frais ce matin et j’ai rendez-vous avec un potier que j’admire beaucoup : Hideki YANASHITA. Il vient me chercher à une gare proche de chez lui. On est en pleine campagne, il faut impérativement une voiture à Iga pour rendre visite aux céramistes. Arrivée chez lui, sa femme Tomoko (céramiste) et leur fille m’accueillent dans leur salon showroom et on boit un thé réconfortant. Il me présente son travail ainsi que celui de sa femme. On découvre son atelier et ces différents fours. Son inspiration est principalement les bols et les couleurs de la famille Raku. Cela fait plaisir de le rencontrer chez lui. Merci beaucoup pour leur accueil.
YANASHITA san m’amène en voiture chez un de mes céramistes préférés (je sais, j’en ai beaucoup). Il fait partie de cette jeune génération de potiers qui modernise la céramique japonaise tout en respectant les traditions régionales et qui s’inspire d’autres régions. Lui c’est Hiroyumi SUZUKI. Après des études en Corée et une formation à Shigaraki, il s’est installé à Iga avec sa famille. Son travail couvre une grande diversité de styles : Joseon (Kohiki, Mishima, Hakeme), Yakishime de Shigaraki et, plus récemment, les céramiques Shino. On a visité son atelier, ses différents fours, et son stock de céramiques incroyables. Le bonheur ! Merci beaucoup pour son super accueil.
Fin d’après midi au centre ville d’Iga, je me promène entre les bus Ninja et les panneaux Ninja. Ma promenade m’amène autour du château d’Iga pour découvrir 2 galeries : Pottery & Mandala (fermé mais je reconnais des céramiques à l’intérieur). Tant pis, je continue, la 2ème galerie m’interpelle car je connais le style des pièces exposées. La dame me dit que son fils est potier. Son nom ATARASHI. Quelle bonne surprise ! C’est la maman de Manabu ATARASHI. Un potier d’Iga que j’adore. Le couché de soleil est magnifique et la journée a été bien remplie.
Hôtel : Route Inn Grantia Wakuranoyado Iga ueno-jo mae – Iga – Préfecture de Mie.
Lundi 16 Décembre 2024
Aujourd’hui, Yoh TANIMOTO, grand potier de Iga, vient me chercher à mon hôtel. Il fait un temps superbe. Il habite un peu loin du centre de la ville d’Iga. Mais d’abord on part visiter sa galerie Mandala & Pottery où il me présente sa collection de Mandalas tibétains, tout juste incroyable, et bien sûr son travail de céramiques que j’ai toujours admiré. Ensuite on se rend chez lui où sa femme Akemi nous attend. Je l’avais déjà rencontré 2 fois à Maison&Objet. Le père de Yoh sensei est Mitsuo TANIMOTO. Il a vécu 4 ans à Paris et il devient l’assistant de José Garcia Ortega, un grand peintre espagnol. TANIMOTO san m’a montré son atelier, ses fours, sa maison est atypique et très haute. Ils ont tous les 2 un grand cœur et leur accueil était incroyable.
Après ces délicieux Soba faite maison chez Matsuo Soba, TANIMOTO san m’amène chez Nagatanien pour acheter un Donabe de style Iga-yaki. Depuis le temps que je veux m’en ramener un du Japon. J’achète également des couverts en bois fabriqué localement. On est très bien accueilli. Ensuite il me conduit chez Yosuke KOJIMA. Un céramiste timide et incroyable qui me présente son travail, son atelier et ses fours. Il est très demandé et je comprends pourquoi. Pour finir cette belle journée ensoleillée, KOJIMA san me ramène à mon hôtel. Quelle journée
Hôtel : Route Inn Grantia Wakuranoyado Iga ueno-jo mae – Iga – Préfecture de Mie.
Mardi 17 Décembre 2024
Merci beaucoup Iga pour la richesse de ta céramique. Une région éloignée des grands villes japonaises qu’il faut arpenter en voiture ou accompagner. Des potiers aux talents incroyables. Hâte de revenir. Je pars à Ōsaka pour la dernière étape de mon Ceramic Tour 2024.
Bien arrivé à Ōsaka, une grand ville qui bouge et où l’on mange super bien. Le temps est superbe, mon hôtel est bien placé et moderne. Je pars visiter l’expo de Shohei ONO à la super galerie WAD. Je la recommande vivement. La sélection est toujours pointue et de qualité. Ensuite je déambule dans la ville, visite de l’étage Artisanat de Takashimaya, Dōtonbori, etc. Manger, prendre son temps et ralentir car le Ceramic Tour est toujours très intense.
Hôtel : Shizutetsu Hotel Prezio Osaka Shinsaibashi – Ōsaka – Préfecture d’Ōsaka.
Mercredi 18 Décembre 2024
Nouvelle belle journée sur Ōsaka. Promenade au soleil. Découverte de petites galeries de Céramiques. Rencontre avec le propriétaire de la Galerie Dandelion, située au premier étage d’un building, improbable comme à chaque fois. Sélection pointue, à visiter impérativement. Ma balade m’amène à Kitchen Street dans le quartier de Namba. Intéressant pour le matériel de cuisine mais pas pour la céramique japonaise. En cette fin de belle journée, j’ai rendez-vous avec Mayu à Dōtonbori. Pour manger quoi d’après-vous ?
Rendez-vous à Dōtonbori avec Mayu pour manger des Okonomiyaki (quartier trop animé pour moi), et quoi de mieux d’avoir une bonne adresse par Yusuke qui est originaire d’Ōsaka. On en a mangé 3 à 2, avec des bières, on était repu en sortant.
Hôtel : Shizutetsu Hotel Prezio Osaka Shinsaibashi – Ōsaka – Préfecture d’Ōsaka.
Jeudi 19 Décembre 2024
Dernier jour du Ceramic Tour 2024, avec Mayu on va en train à Yao dans la banlieue d’Ōsaka. Notre visite du jour est l’usine KINJO. Fabricant de silicone pour l’industrie, c’est eux qui ont conçu la base des piliers de la structure de l’exposition universelle d’Ōsaka, il fabrique des petits composants dans les objets électroniques du quotidien : boutons de brosses à dent, bonnets de bain et j’en passe ! On a visité l’usine et rencontré les salariés qui ont créés une gamme de verres en silicone de haute qualité en faisant un Crowfunding. Super intéressant ! Ensuite on est allé mangé des Kushikatsu avec Emi et Mayu, puis un cappuccino (une tête bien fatiguée le Yann san). Je récupère la valise à l’hôtel et let’s go !
Hôtel : dans les airs.
Vendredi 20 Décembre 2024
Ōsaka => Tokyo => Frankfurt => Paris. C’est le retour vers la France, mon sentiment oscille entre heureux de rentrer et nostalgique de partir. C’était encore un Ceramic Tour riche de rencontres et de découvertes. Une source de connaissances pour continuer à travailler sur mon livre. Merci infiniment à vous toutes et tous de m’avoir suivi pendant ce Tour. Le prochain sera accompagné de 5 personnes pour redécouvrir les 6 ancien fours japonais et bien plus encore ! Départ le 8 novembre 2025 !






























































































































































































































































































































































































































































































































































