Shiru & Wakaru
Au premier abord, savoir et connaissance semblent presque synonymes, pourtant ils désignent deux façons différentes d’apprendre et de comprendre. Le savoir peut être considéré comme un ensemble d’informations, de faits et de notions que l’on accumule au fil du temps. Il se transmet par l’enseignement, les livres, l’observation ou l’expérience. La connaissance, elle, implique une démarche plus profonde : elle suppose de chercher à comprendre, à relier les informations entre elles et à leur donner du sens. Dans le domaine de la céramique japonaise, connaître ne signifie donc pas seulement mémoriser les noms des styles, des fours ou des potiers. C’est aussi chercher à comprendre leur histoire, leur philosophie, leurs techniques et la relation particulière que les Japonais entretiennent avec la matière, la beauté, l’usage et la nature.
En japonais, cette distinction peut être illustrée par deux verbes essentiels : Shiru 知る et Wakaru 分かる, qui peuvent tous deux être traduits par « savoir », mais ne décrivent pas exactement la même expérience. Shiru 知る signifie apprendre, obtenir une information ou prendre connaissance de quelque chose que l’on ignorait auparavant. Par exemple, découvrir le nom d’un potier, l’origine d’un four ou la date de création d’une céramique relève du shiru. Wakaru 分かる, en revanche, exprime le fait de comprendre, de saisir le sens ou la logique d’une chose. On peut ainsi connaître les caractéristiques de l’Oribe sans encore comprendre son esthétique. Shiru correspond donc davantage à l’acquisition d’informations, tandis que wakaru implique une compréhension plus personnelle et approfondie. Étudier la céramique japonaise, c’est finalement passer progressivement de l’un à l’autre.








