Le logo de Maison Wabi-Sabi

« Le projet Maison Wabi-Sabi est né en octobre 2017 : il associe mon expérience professionnelle, mon amour du Japon et de l’artisanat, et ma passion pour la céramique japonaise. Le nom « Yann san » vient de chez MUJI, mes collègues et mes amis japonais m’appellent ainsi. L’écriture en Kanji pour « Yann san » est comme ceci : 屋音 さん, et cela signifie : « Le son à l’intérieur de la maison, comme des céramiques qui se chevauchent. Merci beaucoup Junko ERNST SUZUKI de Paris KUMI pour tes conseils et d’avoir trouver les Kanji parfaits pour mon nom »

« Le logo représente la fenêtre ronde de la maison de thé japonaise ou Chashitsu : Jō-an, située dans le jardin Urakuen à Inuyama, dans la préfecture d’Aichi. Les Fusuma sont des portes coulissantes en bois et en papier Washi. Elles s’ouvrent à la convivialité autour d’une tasse de thé. »

« Le Wabi-Sabi est un point central de la cérémonie du thé et surtout pas un effet de mode qui peut être utilisé à toutes les sauces. Les deux mots « Wabi-Sabi », écrits au centre du logo, représentent bien cette imperfection du « Wabi ». C’est la simplicité, la mélancolie, la nature, la dissymétrie. Le « Sabi », c’est l’altération par le temps, la patine des objets, le goût pour les objets vieillis. »

Source des photos : Logo réalisé par Megumi TERAO et photo Iyeya / Yann san de Maison Wabi-Sabi

Le Wabi-Sabi

« L’art de ces potiers se forge dans l’idéal esthétique des théoriciens de la cérémonie du thé : le Wabi-Sabi, la contemplation d’une beauté faite de simplicité rustique, d’imperfections, de calme, de solitude et d’usures. Les accidents sont parfois réparés mais ils demeurent bien visibles. Pourquoi se priver de la chance d’arrêter le temps et de le fixer dans un instantané ? Cette esthétique s’appuie sur la pensée bouddhiste qui enseigne l’impermanence de toutes choses et sur le taoïsme chinois qui situe l’homme dans le sein de la nature. » Alain Vernis – Le Tao du Potier

Le Wabi-Sabi et la Voie du thé ont un lien tellement fusionnel et codifié. Au 15ème siècle, le Chanoyu 茶の湯 (cérémonie du thé en japonais) était réservé à l’élite. Les objets utilisés pour la cérémonie étaient luxueux et en provenance de la Chine. Mais c’est un moine zen, Shuko MURATA 村田珠光 (1423-1502) qui décide d’officier des cérémonies de thé avec des ustensiles locaux et conçus de manière artisanale. C’est au 16ème siècle que le maître de thé Sen no Rikyū 千利休 (1522-1591) utilisera des objets plus sobres, de fabrication locale et artisanale. Il installera son pavillon de thé dans une demeure rappelant les huttes de paysans.

Wabi : vise un raffinement nourri de simplicité, une élégance sobre, une noblesse sans sophistication, l’intuition d’une beauté réduite à sa simplicité essentielle, qu’une simple fleur dans un joli pot peut parfaitement exprimer. Wabi recouvre ainsi différents aspects que l’Occident a su saisir par la médiation des tenants de l’Arts & Crafts : l’éloge de l’ombre, la vertu du vide, l’honnête simplicité des matériaux, autant de critères qui mettent en avant la richesse de l’esprit et de l’être en l’opposant au séducteur, à l’artifice et au brillant dont le trop fort éclat peut aveugler nos sens. – Galerie Stimmug

Sabi : évoque l’écoulement du temps, la patine, le renoncement à l’éclat d’une beauté neuve et le sain délaissement face au temps s’écoulant inexorablement. Sentir le sabi, c’est accepter les usures, les rides, l’éphémère, les irrégularités. Au-delà de les accepter, il s’agit d’aimer ces marques du temps qui auréolent les choses, les rendent intelligibles et apprivoisables. C’est renoncer à la nouveauté comme qualité première. – Galerie Stimmug

Même s’il est difficile à exprimer pour un occidental et un japonais, le terme Wabi-Sabi est d’accepter l’imperfection dans la perfection des objets du quotidien ainsi que l’impermanence (caractère de ce qui n’est pas permanent, ne dure pas et change sans cesse, il occupe une place centrale dans la pensée bouddhique). C’est éprouver une réelle satisfaction, un certain concept spirituel et esthétique japonais.

Source des photos : Yann san de Maison Wabi-Sabi et des textes : Galerie Stimmug

La Beauté des choses imparfaites

Le Wabi-Sabi est un concept japonais. Le « Wabi » signifie la simplicité, la nature, la dissymétrie et la modestie. Le « Sabi » signifie l’altération par le temps, la patine des objets et le travail des Hommes. Son lien est ancré dans la Voie du thé. Il est parfaitement défini dans les 2 livres références de Leonard KOREN.

Architecte de formation, il a fait partie de l’avant-garde artistique aux États-Unis au début des années 1970. Théoricien du design et de l’esthétisme, il a effectué de nombreux séjours au Japon, et est l’auteur de 17 ouvrages. Il vit actuellement à San Francisco. Il a étudié durant de nombreuses années le Wabi-Sabi et en a tiré 2 livres : « Wabi-sabi, à l’usage des artistes, designers, poètes et philosophes » et « Wabi-Sabi pour aller plus loin ».

Dans lesquels il le définie par : « Le Wabi-sabi est la beauté des choses imparfaites, impermanentes et incomplètes. C’est la beauté des choses modestes et humbles. C’est la beauté des choses atypiques. »

Le Wabi-Sabi s’essaye davantage qu’il ne s’explique. C’est une notion difficile à expliquer. Bien que tous les Japonais soient prêts à affirmer qu’ils comprennent le sentiment associé au Wabi-Sabi. Ils sont très peu capables de le formuler.

Leonard KOREN détaille 3 affirmations qui résument les valeurs du Wabi-Sabi : La réalité découle de l’observation de la nature. La beauté peut-être obtenue à partir de la laideur. Se défaire de l’impermanence et ne pas chercher la perfection et la permanence.

Source des photos : www.slowdown.media / editions-sully.com

Les 5 éléments du Godai

Ce que peuvent orchestrer les mains des céramistes me ramène aux 5 éléments du Godai. C’est l’ensemble traditionnel japonais des cinq éléments dans le bouddhisme : Chi (La Terre), Sui (L’Eau), Ka (Le Feu), Fū (Le Vent) et Kū (Le Vide).

Gorintō : Des stèles funéraires ou Stūpa, en forme de pagode à cinq anneaux propres au bouddhisme japonais qui a vu le jour à l’époque Heian. Ces éléments sont importants et représentent une tendance spirituelle, physique ou mentale, tout ce qui découle de l’enseignement. Construction compacte revêtue de pierres, plus ou moins élancée, minuscule ou gigantesque, richement décorée ou présentant des parois nues. Il se dresse partout où des bouddhistes ont vécu et tenu à manifester leur foi.

Pour Yann san, ces 5 éléments sont étroitement liés à la céramique. Chaque élément correspond à une étape de la conception d’une poterie : La Terre pour l’argile, le Vide pour la création infinie, l’Eau pour créer la forme, le Vent pour le séchage et le Feu pour la cuisson.

Sources de l’illustration et des photos : aminoapps.com / Yann san de Maison Wabi-Sabi

Le Fuzei ou l’émotion poétique

L’émotion poétique du Fuzei est l’expression d’une émotion fugitive et d’un sentiment poétique. Donner un Fuzei, c’est donner ou créer une impression tout en évoquant une émotion. Suite à une exposition des photos de Claude LEFÈVRE, à l’association Tenri où Yann san a suivi des cours de japonais. Après avoir découvert son livre à propos du Fuzei. Ce sentiment, assez spécifique au jardin japonais, a permis de le relier à la céramique.

Claude LEFÈVRE porte sur ces jardins un regard poétique très singulier qui vise à en restituer la spiritualité, l’harmonie et la beauté, en un mot, le Fuzei. Voilà plus de 10 ans qu’il sillonne le Japon, pour photographier les jardins les plus remarquables. En dehors des sentiers battus, il nous fait découvrir d’extraordinaires jardins, peu connus, voire inconnus des Japonais eux-mêmes.

  • Kenroku-en 兼六園, situé à Kanazawa (préfecture d’Ishikawa). Développé de 1620 à 1840 par la famille Maeda (ancienne province de Kaga).
  • Kōraku-en 後楽園庭園, situé à Okayama (préfecture d’Okayama). Construit en 1700, par Tsunamasa IKEDA, le daimyō d’Okayama.
  • Kairaku-en 偕楽園, situé à Mito (préfecture d’Ibaraki). Construit en 1841, par Nariaki TOKUGAWA.

« Le Fuzei est composé des deux caractères chinois « fu » (en japonais le vent) et « zei » (en japonais le sentiment). C’est le sentiment bouleversé que dégagent l’intimité des choses et par conséquent la sensation de la beauté mélancolique qui en émane. On pourrait aussi dire que c’est le monde des sentiments né de l’harmonie existante entre l’esprit et la forme des choses. » – Jacques ROUBAUD

« L’expression d’une émotion fugitive, d’un sentiment poétique. Donner un Fuzei, c’est donner ou créer une impression tout en évoquant une émotion. » – Professeur MASUDA

« J’aime cette discrétion où l’essentiel est souvent sous-entendu, suggéré, plutôt qu’explicité. Discrétion, pudeur, telle est l’attitude du poète de haïku que chacun peut partager et que je retrouve dans l’art de Claude LEFÈVRE qui se contente de donner à voir sans prétendre interférer avec le regard des autres. » – Diane de MARGERIE

Source des photos : Yann san de Maison Wabi-Sabi

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