
Mike MARTINO et ses créations
(1967-)
Potier américain originaire du Nouveau-Méxique (États-Unis) qui s’est installé au Japon en 1990. Motivé par une passion ancienne pour la céramique qu’il cultivait déjà depuis l’enfance. Il explorait des sites anciens et en collectionnant des tessons avec son père.
Pourtant, il ne commence à faire des pots qu’en 2002. Lorsqu’il rencontre son mentor, le maître Karatsu potier Tsuruta YOSHIHISA 鶴田純久, dans la préfecture de Saga, à Kyūshū. C’est cette rencontre déterminante, ainsi que l’immersion dans la tradition locale, qui l’amènent à embrasser la poterie comme vocation.
Après une période où il loue et emprunte différents fours pour cuire ses pièces. Il construit en 2005 son propre atelier et son premier four à gaz. Posant les bases de ce qui deviendra sa vie professionnelle. Une pratique céramique profondément ancrée dans le contexte japonais tout en restant ouverte au monde.
Depuis ses débuts dans les années 2000, Il s’efforce de faire vivre et partager la tradition du Karatsu-yaki (唐津焼). Une poterie japonaise rustique et fonctionnelle produite historiquement autour de Karatsu, dans la préfecture de Saga.
Cette tradition, qui remonte au 16ème siècle et puise certaines de ses techniques originelles dans celles importées de la péninsule coréenne. Elle est particulièrement appréciée pour son esthétique simple, terreuse et imprégnée de Wabi-Sabi. Une beauté qui se révèle pleinement dans l’usage quotidien des objets.
Mike crée des pièces conçues pour être utilisées avec l’idée que leur véritable charme ne se manifeste qu’à travers l’expérience quotidienne. Au fur et à mesure qu’elles se patinent et s’imprègnent de vie : une philosophie du geste et de l’usage associée à Karatsu-yaki.


Le studio de Martino s’appelle Gotanbayashi Kama (五反林窯), situé à Taku dans la préfecture de Saga. Ce nom désigne à la fois l’atelier et le four principal où il produit la majorité de ses céramiques.
Après l’installation de son premier four à gaz. Il construit en 2010 un four hybride en bois combinant anagama et noborigama. Un type de four traditionnel japonais, qui aujourd’hui constitue le cœur de sa production.
Les flammes, la fumée et les cendres participent à la transformation des surfaces, que naissent la plupart de ses pièces. En plus des vastes séries de vaisselle et d’ustensiles utilitaires. Mike y réalise aussi des commandes sur mesure, des pièces sculpturales et des collaborations avec d’autres artistes. Soulignant la diversité des expressions possibles au sein de Karatsu-yaki.
L’approche de Mike dans son travail transcende le simple artisanat. Il vise à créer des pièces qui, tout en respectant la tradition millénaire du Karatsu-yaki, intègrent aussi des influences contemporaines et internationales.
Son objectif n’est pas uniquement de reproduire des formes historiques. Mais de produire des objets qui traversent les frontières culturelles, enrichissant ainsi la tradition vivante de Karatsu.
En utilisant souvent des matériaux locaux — terres, argiles et cendres provenant des collines environnantes. Il s’efforce de faire ressortir la beauté naturelle de chaque ingrédient. Il souhaite également partager son savoir-faire au-delà du Japon, sensibilisant un public mondial à la richesse de cette tradition artisanale. Chaque pièce qu’il réalise raconte non seulement l’art de faire de la poterie. Mais aussi un dialogue entre cultures et générations, enraciné dans l’usage et l’expérience du quotidien.


Mike MARTINO en 5 dates importantes :
1990 : Il s’installe au Japon après ses études. D’abord pour des raisons culturelles et personnelles, découvrant progressivement le monde de la céramique.
2002 : Il commence à étudier la poterie auprès de Tsuruta Yoshihisa, entrant dans la tradition du Karatsu-yaki.
2005 : Fondation de 五反林窯 (Gotanbayashi-gama). Il établit son propre atelier à Taku (Saga) et construit son premier four à gaz.
2010 : Construction du four à bois hybride. Il bâtit un four de type anagama/noborigama, qui devient central dans son travail et son esthétique.
Années 2010 : Il expose au Japon et à l’étranger, contribuant à faire connaître le Karatsu-yaki à un public international.
Source des photos et des textes : Mike MARTINO et Yann san
