Kokuji-yaki ou la poterie de Kokuji est fabriquée dans la ville de Kuji, dans la préfecture d’Iwate, de la région du Tōhoku. Maison Wabi-Sabi vous raconte l’histoire du four N°2, de la carte des 100 fours japonais visible dans le livre “Connaître et réaliser la Céramique Japonaise“.


Poterie de Kokuji – Kokuji-yaki – 小久慈焼


Kokuji-yaki a commencé à l’époque d’Edo, entre 1818-1829, lorsque le fondateur, Jin-emon KUMAGAI, s’est formé auprès de Kazo, un potier-mentor de Sōma (préfecture de Fukushima). Il découvrit l’argile de la région et du littoral, créa sa propre glaçure et fabriqua des ustensiles à thé.

La caractéristique principale est une belle surface blanche et lisse. L’argile ne contient pas beaucoup de fer, elle est grise mais très blanchâtre. Elle est brisée en morceaux très fins et mélangée à de l’orthose (silicate) et de l’eau pour former l’argile de base. Hautement résistante au feu et sa couleur blanche et pure rende très bien la couleur des glaçures typiques : Nukajiro-yu (glaçure blanche au son de riz) et Ame-yu (glaçure ambrée).

Deux Utsuwa typiques :

  • Le Katakuchi : utilisé comme tasse à mesurer ou pour transférer des liquides d’un récipient à l’autre, pour la sauce, la vinaigrette ou le saké.
  • Le Suribachi : mortier avec des rainures creusées à l’intérieur qui facilitent l’écrasement des aliments et conserve les saveurs d’origine.

De décembre à mars, la température devient assez basse. Pour éviter que l’argile gèle, les potiers la recouvre de couvertures chauffantes (astuce des potiers du nord).

Après un fort déclin provoqué par le mode de vie des gens, après la 2ème Guerre mondiale. Deux artisans se sont intéressés à faire revivre la technique de fabrication et l’ont transmise de génération en génération. C’est en 1953, grâce aux efforts de la ville de Kuji et de la fusion des 3 fours qui fonctionnaient à peine. Ils ont créé l’atelier de poterie Kokuji, représenté par Takeshi SHIMODAKE 下嶽毅. L’endroit a été restauré et existe encore aujourd’hui. Ryutaro KUMAGAI, la 6ème génération, a créé la « Kokuji-yaki Business Association », pour protéger son héritage.

Satomi SHIMODAKE, (potier actuel de Kokuji-yaki) : « il est très important de chérir les traditions, mais il est tout aussi important que les gens se sentent libres de préjugés lorsqu’ils utilisent la poterie Kokuji-yaki. Les gens devraient se sentir libres de choisir où et comment utiliser la poterie. En d’autres termes, les potiers s’attendent à ce que nous utilisions Kokuji-yaki dans notre vie quotidienne. Elle n’est pas faite pour être simplement admirée, sans être réellement utilisé. »

Sources des photos : jokogumo.jp / muji.com/foundmuji