
Hideo HADANO et ses créations
(1971-)
Potier japonais contemporain reconnu pour son engagement profond envers la tradition de la céramique Hagi-yaki 萩焼. Un style raffiné originaire de la ville de Hagi, dans la préfecture de Yamaguchi, au sud-ouest du Japon. Ce style, dont les racines remontent au début du 17ème siècle, est célèbre pour son apparente simplicité, ses textures douces et ses couleurs terreuses qui évoluent avec le temps et l’usage, notamment dans la cérémonie du thé.
Il n’est pas seulement un artisan, mais aussi le dépositaire d’un savoir-faire transmis de génération en génération. Il œuvre aujourd’hui dans le cadre du four Shigetsu 指月窯, un atelier familial fondé par son père, Zenzo HADANO 波多野善蔵, qui fut honoré du titre de Trésor culturel immatériel de la préfecture de Yamaguchi pour sa contribution exceptionnelle à l’art de la céramique Hagi-yaki.
Le four Shigetsu-gama, niché dans un cadre serein de la ville de Hagi, est à la fois un lieu de création, de transmission et de contemplation. Plus qu’un simple atelier, il fait aussi office de galerie où les œuvres de Zenzo et Hideo HADANO sont exposées dans un espace minimaliste et lumineux. Cet espace, pensé comme un « petit musée », invite les visiteurs à ralentir et à apprécier pleinement la subtilité des formes et des matières. Ce lieu incarne une philosophie : celle de la beauté dans la sobriété, dans l’imperfection maîtrisée (Wabi-Sabi), et dans l’harmonie avec la nature. Le four Shigetsu est également un centre vivant où se perpétue une tradition tout en accueillant une sensibilité contemporaine.
Hideo Hadano crée une grande variété de pièces, allant des bols à matcha (Chawan), aux coupes à Sake (Guinomi), en passant par des vases, tasses à thé (Yunomi), ou encore des Katakuchi (coupes verseuses). Ses œuvres s’inscrivent pleinement dans l’esthétique Hagi-yaki, avec des textures délicatement granuleuses, des craquelures de surface (Kannyu) qui se développent avec le temps, et des couleurs naturelles allant du rose pâle au beige, du blanc laiteux aux tons gris-brun, souvent obtenues grâce à des glaçures à base de cendres.


Ce qui distingue particulièrement ses pièces, c’est l’équilibre entre la tradition et la sensibilité contemporaine : chaque objet est à la fois ancré dans l’héritage familial et marqué par une main personnelle, fine, poétique. L’attention qu’il porte à la forme, au poids, à la sensation dans la main, en fait des pièces non seulement belles, mais profondément fonctionnelles, destinées à être utilisées au quotidien.
« Mon père étant potier, je m’amusais depuis tout petit à créer des objets comme des bols ou des assiettes. À l’approche de l’université, j’ai hésité entre poursuivre dans une voie qui me plaisait, celle de l’ingénierie, ou prendre une autre direction. Finalement, j’ai choisi d’intégrer une université des beaux-arts, en section sculpture. »
« Je ne voulais pas faire de la céramique à ce moment-là, mais plutôt m’essayer à autre chose. À travers la sculpture, je voulais me confronter directement à la matière, à sa force et à sa personnalité, en l’appréhendant telle qu’elle est. »
« Cet attachement à la matière reste très fort aujourd’hui encore. Je consacre beaucoup de temps et d’énergie à la préparation des matériaux — argile, glaçures, bois de cuisson — en essayant de ne pas trop les contraindre, pour qu’ils puissent s’exprimer librement et devenir ce qu’ils souhaitent devenir. »
« La céramique de Hagi que je crée est simple, et elle peut peut-être sembler « un peu incomplète ». Mais c’est justement cette impression que je cherche à préserver : je souhaite que ce soit la personne qui utilise l’objet qui le complète, à travers l’usage, les changements, la patine. C’est dans cette idée que je valorise et cultive ce « manque » dans mon travail. »
« Il m’arrive de créer des œuvres d’art, mais ce que je préfère, c’est fabriquer des objets qui s’intègrent naturellement dans la vie de tous les jours. Et c’est là que je prends le plus de plaisir : y insuffler juste une touche de ma propre personnalité. »


« J’utilise un four Noborigama avec du pin japonais pour la cuisson parce que ce que j’aime, c’est une beauté naturelle, déséquilibrée, qui ne cherche pas la perfection mais touche à l’essentiel. Le pin contient des corps gras, ce qui en fait un bois à forte puissance de combustion. Je crée mes pièces en tenant compte du fait qu’elles seront cuites avec ce bois. »
« 3 à 4 cuissons par an. Chaque cuisson dure environ une journée. J’utilise 3 types de glaçures : glaçure transparente 透明釉, glaçure blanche de Hagi (contenant de la cendre de paille) 白萩釉(藁灰入り), glaçure au fer 鉄釉. Tout en accordant de l’importance à un style cohérent, je cherche toujours à imaginer et à relever de nouveaux défis. »
« Je tiens profondément aux techniques anciennes et au savoir transmis par les générations qui nous ont précédés. S’ils ont traversé le temps, c’est parce qu’ils sont véritablement remarquables. Mais je pense aussi qu’il est important de savoir s’adapter à une époque qui change, et d’oser l’innovation. »
Hideo HADANO en 5 dates importantes :
2004 : Sélectionné à six reprises pour l’exposition « Les formes du thé 茶の湯の造形展» au Musée d’Art Tabe 田部美術館, à Matsue. Cette exposition met à l’honneur des œuvres en lien avec l’univers du Chanoyu (la cérémonie du thé).
2004 : Reconnu comme membre titulaire de l’Association japonaise des arts traditionnels (Nihon Kōgeikai 日本工芸会 qui organise des expositions nationales, dont la célèbre Exposition des arts traditionnels japonais 日本伝統工芸展. Certains de ses membres les plus reconnus sont désignés Trésors nationaux vivants.
2009 : Prix d’argent à l’Exposition de céramique d’Ōtaki, à Hokkaidō.
2012 : Lauréat du Prix d’encouragement à la promotion des arts et de la culture de la préfecture de Yamaguchi.
2019 : Exposition père et fils au grand magasin Mitsukoshi Nihonbashi, à Tokyo.

Source des photos et des textes : Hideo HARANO, Nippon.com et Yann san – Vidéo Youtube : NTAトラベル YouTube Cannel太
