
Kai TSUJIMURA et ses créations
(1976-)
Originaire de Nara. Kai est le fils cadet du célèbre potier Shirō TSUJIMURA 辻村史朗, l’un des plus grands représentants contemporains de la céramique japonaise libre et instinctive. Dès l’enfance, Kai baigne dans un environnement artistique et artisanal, où la terre, le feu et l’expérimentation sont au cœur du quotidien. Son frère aîné, Yui TSUJIMURA 辻村唯, est lui aussi potier. Ensemble, ils perpétuent une tradition familiale tout en développant chacun un langage céramique personnel.
Kai commence son apprentissage sous la direction de son père dans les années 1990. Contrairement à une approche académique classique, son apprentissage est basé sur l’observation, la pratique et l’expérimentation directe, dans l’esprit Zen qui caractérise le travail de Shirō TSUJIMURA.
Son travail se distingue par une grande diversité de styles et de techniques. Il maîtrise le Shigaraki-yaki, le Iga-yaki, le Kohiki, le Kuro-Oribe, ou encore les pièces en Yakishime. Son approche reste fidèle à l’esprit Wabi-Sabi, où l’imperfection, la matière brute et la spontanéité sont essentielles.
« Je n’ai pas de souvenir précis d’un moment déclencheur pour commencer à faire du Kohiki (céramique avec engobe blanc). Depuis mes débuts dans la poterie jusqu’à aujourd’hui, j’en fais de manière continue. C’est une technique agréable car les pièces sont faciles à utiliser comme vaisselle, et on peut aussi en apprécier les variations dans le temps. Lors de la fabrication, le jeu des nuances dans l’engobe crée différentes expressions, ce qui, à mon avis, en fait également tout le charme. Pour ma part, je n’utilise ni argiles ni glaçures particulièrement spéciales. Je cuis mes pièces soit dans un four électrique, soit dans un Anagama (four traditionnel à flamme directe). Selon ce que je crée, l’ambiance que je cherche à atteindre peut varier. »


Kai utilise principalement le tour de potier, mais donne à ses pièces un aspect souvent archaïque et sculptural, en jouant avec les textures, les irrégularités, les coulures de glaçure ou l’absence totale d’émail. Il cherche avant tout à créer des objets qui dialoguent avec le feu, la terre et le temps — des œuvres qui respirent la nature et la simplicité profonde.
Il tient régulièrement des expositions personnelles au Japon, dans des galeries spécialisées en céramique ou dans de grands magasins comme Mitsukoshi ou Hankyu. Il participe également à des expositions collectives et à des salons internationaux, notamment aux États-Unis et en Europe, où la famille TSUJIMURA jouit d’une solide réputation auprès des amateurs de céramique japonaise contemporaine.
Ses œuvres figurent dans plusieurs collections privées et institutionnelles, et sont particulièrement appréciées pour leur force tranquille, leur authenticité et leur lien profond avec les traditions japonaises, tout en restant pleinement vivantes et contemporaines.
La poterie est un prolongement de la vie quotidienne. Ses objets : bols à thé, vases, jarres ou récipients de tous les jours sont conçus pour être utilisés, touchés, contemplés. Ils ne cherchent pas l’esthétisme parfait, mais une vérité organique, faite de feu, de matière, de vide et de silence.
Kai n’a jamais reçu d’instruction formelle, son père ne lui donnant que peu de conseils. Son style se distingue par sa liberté créative et son approche intuitive. Par exemple, il a conçu un vase Iga-yaki qui se casse naturellement grâce à l’influence d’un tube cuit à basse température à l’intérieur de la pièce. Ce type d’expérimentation est typique de sa manière de travailler : il ne cherche pas à reproduire un modèle mais à expérimenter et à laisser ses créations se développer d’elles-mêmes.


Il voit la poterie comme un moyen d’expression personnelle, sans chercher à plaire à un public. Il n’a pas de méthode figée, et se laisse guider par son intuition et ses désirs. Le processus de création est pour lui plus important que le résultat final. L’objectif est de produire quelque chose qui le satisfait pleinement, sans contrainte extérieure.
En plus de la poterie, Kai est passionné de pêche, une activité qui l’inspire et qu’il considère comme similaire à la création artistique : un moyen de trouver de la satisfaction personnelle. Il fabrique même ses propres leurres et cannes à pêche. Pour lui, la création et la pêche offrent une forme d’accomplissement que l’on ne peut obtenir ailleurs.
« Ce moment, cet instant, deviennent forme – naturellement, librement, comme le cœur le désire ». Ses œuvres, tout comme sa philosophie de vie, sont un mélange de force et de fragilité, de liberté et de contrôle. C’est un artisan qui agit sans se soucier des conventions, à la recherche constante de l’authenticité et de la satisfaction personnelle.
Kai TSUJIMURA en 5 dates importantes :
1994 : Débute sa carrière auprès de son père, le célèbre céramiste Shirō TSUJIMURA.
2000 : Construit son propre four à Sakurai, dans le sud de Nara, marquant le début de sa carrière indépendante.
2001 : Organise sa première exposition personnelle à la galerie Utsuwa Nanohana à Odawara.
Collection Publique : Grande jarre pour la collection permanente du Minneapolis Institute of Arts, Minnesota.
et le Philadelphia Museum of Art, Pennsylvanie.
2025 : Première Exposition à Paris avec son frère Yui, à La Galerie Guilhem, Paris 11ème

Source des photos et des textes : Kai TSUJIMURA et Yann san
