
Benoît VIET et ses créations
(1977-)
Potier-céramiste vivant à Chaudon, en Eure-et-Loir, où il a installé son atelier. D’un tempérament rêveur depuis l’enfance, il est très tôt attiré par le dessin, la bande dessinée, les mondes imaginaires et les récits fantastiques.
Cette sensibilité visuelle l’oriente d’abord vers des études en communication visuelle et en graphisme, qu’il poursuit avant de travailler plusieurs années dans une agence parisienne.
Parallèlement, il nourrit un goût prononcé pour le voyage, parcourant l’Europe, puis l’Inde, le Népal et la Nouvelle-Zélande. Ces déplacements, souvent vécus comme des expériences initiatiques, façonnent durablement son rapport au monde, à la lenteur et aux cultures artisanales. Ils préparent en silence le terrain d’un changement de vie, guidé par un besoin croissant de concret, de matière et de sens.
La rencontre avec la céramique a lieu en 2008, lors d’un premier stage de tournage à Dreux. Cette expérience agit comme une révélation immédiate et décisive.
Benoît s’engage alors dans une formation approfondie auprès de Martine ACQUAVIVA, avant de poursuivre son apprentissage à La Borne, lieu emblématique de la céramique française. Il y travaille notamment avec Dominique LEGROS, Agnès CHAPELET et d’autres céramistes, découvrant une approche exigeante du métier, fondée sur la répétition du geste, l’observation du feu et l’acceptation de l’imprévisible.
D’abord attiré par la cuisson basse température (Hikidashi) ou comme le style de cuisson de la famille Raku. Il s’oriente progressivement vers la haute température et la cuisson au bois, séduit par la richesse des surfaces et la profondeur des effets. Cette période marque l’ancrage définitif de son identité de potier.
Son travail se développe autour du tournage et du montage à la plaque, alternant formes épurées et pièces plus libres, parfois brutes, toujours sensibles.


Il se définit comme potier lorsqu’il est au tour, dans le rythme et la concentration du geste, et comme céramiste lorsqu’il explore les matières, les engobes et les surfaces.
Inspiré par la nature, la musique et ses propres états intérieurs, il utilise peu d’émaux, privilégiant des couvertes sobres telles que céladons, shino ou engobes, laissant la terre et le feu s’exprimer. Il cuit ses pièces dans un four à bois qu’il a construit lui-même, alimenté principalement en chêne et bois blanc. Les cuissons, d’environ vingt heures, sont vécues comme des moments intenses, où la maîtrise technique dialogue constamment avec le hasard.
Très attaché à la transmission, Benoît enseigne le tournage depuis 2011 au sein de l’association Terre d’Artistes à Dreux, partageant son savoir-faire avec des publics variés. Son approche pédagogique est fondée sur l’écoute, l’expérimentation et le respect du rythme de chacun. Dans sa pratique personnelle, il cherche à travailler autant que possible avec des ressources locales, dans une attention constante aux éléments — terre, feu, eau et air — qui structurent son travail.
« L’esthétique japonaise occupe une place essentielle dans sa démarche, tant pour son rapport à la simplicité que pour la valorisation de l’imperfection et du lâcher-prise. Cette culture fait partie intégrante de mon travail depuis toujours, sans que je l’aie consciemment recherchée. »
« Issu de la génération « Club Dorothée », cette influence a sans doute commencé très tôt, à travers les animés. Elle s’est ensuite nourrie de la lecture de magazines de jeux vidéo tels que Gen4, Joystick, Console+ ou Player One, dont les articles et photographies sur le Japon ont durablement marqué mon imaginaire. »
« Certaines lectures ont profondément transformé mon regard, notamment « Musashi » d’Eiji YOSHIKAWA, « Artisan et inconnu » de Sōetsu YANAGI ou « La Révolution d’un seul brin de paille » de Masanobu FUKUOKA. Ces ouvrages m’ont ouvert à une autre manière d’appréhender le beau. Il m’a fallu du temps pour assimiler cette vision de la beauté de l’imperfection, me détacher de la technique acquise et laisser davantage de place au lâcher-prise et aux ressentis du moment. »


Benoît VIET en 5 dates importantes :
2008 : Rencontre avec la terre et avec Martine Acquaviva qui a allumé l’étincelle.
2010/2011 : Immersion et formation dans des ateliers de potiers/céramistes à La Borne (Dominique LEGROS, Agnès CHAPELET, David LOUVEAU…).
2013 : Premier Symposium céramique « Pogranicze kultur » à Zduny en Pologne, et rencontre avec Włodzimierz Ćwir.
2019 : année riche en expositions, dont la 42e édition du salon d’Arts Formes et Couleurs à la Collégiale St André de Chartres, où j’ai reçu le 2e prix, et ma première exposition en solo à la Chapelle des Arts de Maintenon.
2025 : Fin de la construction (qui aura duré 2 ans) et première cuisson de mon four à bois, début d’une nouvelle aventure céramique.
Source des photos et des textes : Benoît VIET et Yann san
