Petit résumé – Qui est Yann
« Tout d’abord Bonjour à toutes et à tous. Je me présente Yann TOURET ou Yann san (mes collègues chez MUJI, m’appelait ainsi). Je suis passionné par l’artisanat depuis mon enfance. Je voulais être menuisier ou restaurateur de vitraux. Mais mon parcours scolaire et professionnel a commencé dans le retail avec la création de 2 magasins saisonniers dans la Ville Close à Concarneau, en Bretagne : L’Embarcadère et L’Embarcadère Junior. Nous vendions des vêtements marins et de la décoration marine. J’arrive à Paris en Décembre 2004. Je travaille pendant 12 ans pour l’enseigne japonaise MUJI, de Vendeur à Responsable Commercial et Opérationnel, puis 1 an et demi d’un break bien mérité, pour découvrir le monde, puis travailler 2 ans pour une enseigne qui a fermé à cause de la COVID-19. Maison Wabi-Sabi est présente sur les réseaux sociaux depuis Octobre 2017. La boutique en ligne est créée depuis le 1er Mars 2022 avec le lancement de la 1ère Collection NATSU 2022, le 21 juin 2022. »
Maison Wabi-Sabi, artisan d’un projet pérenne autour de la céramique japonaise en France
« J’ai découvert le Japon, enfant, au travers des dessins animés japonais diffusés au « Club Dorothée », puis plus tard, adulte, en 2003, en regardant l’anime « Akira » de Katsuhiro OTOMO. Ce fut une véritable révélation. Une surprise profonde, presque un choc esthétique et culturel. Synopsis : Tetsuo, un adolescent ayant vécu une enfance difficile, est la victime d’expériences visant à développer les capacités psychiques qui dorment en chacun de nous. Ainsi doté d’une puissance que lui-même ne peut imaginer, Tetsuo décide de partir en guerre contre le monde qui l’a opprimé. Dès lors, il se retrouve au coeur d’une légende populaire qui annonce le retour prochain d’Akira, un enfant aux pouvoirs extra-ordinaires censé délivrer Tokyo du chaos. Pas très joyeux, je vous l’accorde. Mais très vite, une question s’est imposée à moi : qu’est-ce que ce Japon que je ne connaissais finalement que par fragments, par images, par sensations ? »



Source des photos : Yann san de Maison Wabi-Sabi / japanization.org / kabuki21.com
« Après de nombreuses recherches sur ce vaste sujet, je suis progressivement tombé sous le charme d’une période en particulier : Heian-jidai 平安時代 ou Période Heian. Elle débute en 794 avec l’installation de la capitale impériale à Kyōto et s’achève en 1185 avec la naissance du shogunat de Kamakura. Cette époque donne le nom antique de Kyōto : « Heian-kyō – La capitale de la paix ». Elle représente dans l’histoire nippone, une époque marquée par l’essor de la culture aristocratique, des arts raffinés, de la poésie, de l’écriture et de la cour impériale à Kyōto. Cette ville est devenue, au fil du temps, la ville de mon cœur. Elle incarne pour moi une forme d’équilibre entre tradition, esthétique et spiritualité. Elle est aussi intimement liée à mon parcours personnel, notamment grâce à mes séjours chez Akira et Yachiyo YASUDA, chez qui je résidais, très souvent, pendant mes voyages au Japon. »
« À mon arrivée à Paris en décembre 2004, j’ai commencé à construire ma vie professionnelle. J’ai travaillé chez MUJI France de juin 2005 à janvier 2017. J’y ai débuté comme vendeur, puis j’ai progressivement évolué en occupant différents postes, jusqu’à devenir Operations Manager. Cette expérience a été fondatrice. Elle m’a permis de comprendre en profondeur l’exigence du travail japonais, la rigueur, le souci du détail, mais aussi une certaine philosophie du quotidien, où chaque geste a du sens. »
« J’ai eu la chance de participer à quatre réunions internationales de MUJI, à Tokyo, au siège d’Ikebukuro. Ces voyages professionnels ont été essentiels dans ma compréhension de la culture d’entreprise japonaise. J’ai également été formé à Tokyo et à Londres au Visual Merchandising, ce qui a enrichi mon regard sur la mise en scène des objets, leur présentation, leur narration visuelle. En 2014, j’ai participé à l’ouverture du premier flagship MUJI à Paris, une étape importante dans mon parcours. »
« Mais c’est en février 2008 que tout a réellement commencé sur le plan personnel. Je suis parti seul au Japon pour la première fois, pendant deux semaines. Basé à Kyōto, j’ai découvert la région du Kansai sous la neige. Le silence des temples, la beauté des jardins, la délicatesse de la nourriture, le calme presque irréel de Gion, les rencontres furtives avec les Maiko, le respect profond de la nature, l’Omotenashi… tout cela m’a profondément marqué. La magie du Japon a opéré sur moi de manière immédiate et durable. »
« À partir de ce moment-là, une évidence s’est imposée : je voulais revenir, encore et encore. Chaque année, ou presque, pour continuer à découvrir ce pays, à en comprendre les nuances, les subtilités, les contradictions aussi. Comme le dit si justement Éric Faye : « le Japon est la planète habitée la plus proche de la Terre ». Cette phrase résonne particulièrement en moi, tant elle exprime ce sentiment d’étrangeté familière que l’on ressent au Japon. »
« La céramique japonaise, quant à elle, s’est imposée plus discrètement au début. Presque en silence. Depuis l’enfance, grâce à ma mère, j’ai toujours été sensible à l’artisanat sous toutes ses formes. Je voulais devenir menuisier ou restaurateur de vitraux. J’avais déjà cette attirance pour la matière, pour le geste, pour les objets façonnés à la main. »
« Lors de ce premier voyage, chaque journée suivait un rituel simple mais marquant. Après le petit déjeuner préparé et apporté dans les chambres par Yachiyo, je partais à pied de la minshuku « Kamogawa-en » pour mes découvertes quotidiennes. Et chaque fin d’après-midi, à mon retour, une attention délicate m’attendait dans ma chambre : sur la petite table en bois, une assiette avec un gâteau de saison. Un geste simple, mais profondément touchant. Dans leur salon, un meuble était rempli avec plein de sorte de céramiques, des tailles et des styles différents. »



Source des photos : Yann san de Maison Wabi-Sabi
« Ce qui m’a marqué, au-delà du geste, c’est l’objet lui-même. Cette céramique. Une belle céramique japonaise, dont les couleurs s’accordaient parfaitement avec la friandise. Un détail que beaucoup auraient jugé insignifiant. Mais pour moi, ce fut un point de départ. Une interrogation. Pourquoi une telle attention portée à un objet du quotidien ? Pourquoi cette harmonie entre le contenant et le contenu ? »
« C’est à partir de là que j’ai commencé à porter une attention particulière à cette vaisselle que l’on nomme au Japon : Utsuwa. Des contenants du quotidien, artisanaux, semi-artisanaux ou industriels, mais toujours pensés dans leur usage, leur esthétique, leur présence. J’ai découvert qu’il existait différentes familles d’Utsuwa, régies par une certaine hiérarchie de valeur, respectée par les céramistes et les utilisateurs. Chaque forme, chaque taille, chaque texture correspond à un usage précis. »
« Au fil de mes 15 voyages, j’ai approfondi mes recherches sur cette vaisselle. Découvrir le pays, presque toujours loin des sentiers touristiques, mais toujours en quête d’authenticité. Pour comprendre et partager la culture du Japon, cet esprit de transmission dans l’artisanat qui est essentiel et qui me fait vibrer. Ce qui m’a particulièrement attiré dans cette vaisselle, c’est son aspect fait main. Une dimension humaine, imparfaite, vivante. Une céramique qui raconte une histoire, celle de son créateur, de son territoire, de sa technique. Au Japon, la céramique est omniprésente dans la vie quotidienne. Elle n’est pas réservée à un usage décoratif ou exceptionnel. Elle accompagne chaque repas, chaque geste. »
« J’ai découvert qu’il existait de nombreux marchés spécialisés et saisonniers, dans différentes régions du Japon. Des lieux où les céramistes sont présents, visibles, reconnus. Où l’on peut échanger avec eux, comprendre leur travail, leur démarche. La qualité de l’artisanat de la céramique japonaise est reconnue dans le monde entier, mais ce sont surtout les parcours de ces potiers, leur engagement, leur exigence, qui m’ont profondément touché. »
« D’année en année, j’ai commencé à me constituer une véritable bibliothèque personnelle sur le sujet : des livres spécialisés, des vidéos, des photographies, une cartographie sur Google Maps pour repérer les ateliers, les galeries, les lieux importants. Mais surtout, j’ai multiplié les rencontres, en France comme à l’étranger, avec des artisans, des passionnés, des collectionneurs. »
« En octobre 2017, j’ai décidé de créer les comptes Facebook et Instagram de Maison Wabi-Sabi. Ce fut une première étape concrète pour partager cette passion avec le plus grand nombre. Une manière de documenter, de raconter, de transmettre. »
Puis, en mars 2020, la crise de la Covid-19 a marqué un tournant. J’ai perdu mon emploi dans une petite entreprise. Ce moment d’incertitude est rapidement devenu une opportunité. Pourquoi ne pas me lancer ? Pourquoi ne pas transformer cette passion en projet de vie ?
C’est ainsi qu’est né le projet Maison Wabi-Sabi. J’ai décidé d’y rassembler tout ce qui faisait sens pour moi : ma passion pour la céramique japonaise, mon attachement à la culture japonaise, mon expérience professionnelle dans le « retail », ainsi que mes compétences en stratégie marketing et marketing digital.
Mon projet est de créer un site de vente en ligne où je présenterai des portraits de céramistes, tout en proposant à la vente leurs œuvres. L’idée est simple en apparence : acheter directement aux potiers pour revendre leurs créations. Mais derrière cette simplicité se cache une véritable démarche. Il est essentiel pour moi de rémunérer justement les artisans, de reconnaître leur travail. Ensuite, mon rôle est de raconter leur histoire, de mettre en valeur leurs pièces, de créer un lien entre eux et les personnes qui utiliseront leurs objets.
Le but de Maison Wabi-Sabi est multiple. Montrer la diversité de la céramique artisanale japonaise d’usage quotidien. Travailler également avec des céramistes de France, d’Europe et d’autres régions du monde. Créer des ponts entre les cultures. Mettre en lumière l’universalité de la céramique. Et rappeler l’importance de l’artisanat dans notre quotidien.
Boire et manger dans un objet fait main change notre rapport au monde. Cela sollicite les cinq sens. Cela crée une relation plus intime avec l’objet. Cela invite au partage, à la lenteur, à l’attention. C’est une autre manière de vivre.
Comme je le dis souvent : « je ne suis pas galeriste, mais je vends de la vaisselle d’art ». Cette phrase résume bien ma position. Je ne cherche pas à sacraliser l’objet, mais à le réintégrer dans la vie quotidienne.
J’organise des expositions-ventes cinq fois par an à « La Galerie Guilhem », dans le 11ème arrondissement de Paris. Ces événements sont pensés comme des moments de rencontre, d’échange, de découverte. Les collections sont lancées à la fois en ligne et à la galerie, à chaque changement de saison, afin de sortir du rythme commercial classique. Une collection spéciale est également proposée une fois par an, autour d’un thème ou d’un artiste japonais de renommée internationale. Une manière de créer un temps fort.
La première collection a été lancée en juin 2022 avec 12 céramistes : 8 Français, 3 Japonais et 1 Européen. Depuis, le projet a grandi. Aujourd’hui, je travaille avec 51 céramistes japonais, 23 céramistes français, 13 céramistes européens, ainsi que des artisans venant d’autres pays comme l’Argentine, le Canada, la Corée, le Laos ou la Nouvelle-Zélande.
Ce projet continue d’évoluer, au rythme des rencontres, des découvertes et des saisons. Il est le prolongement naturel d’un parcours personnel, d’une passion devenue engagement, et d’une envie profonde : celle de créer du lien à travers les objets.
Yann san, le logo et le Wabi-Sabi
« Le projet Maison Wabi-Sabi est né en octobre 2017 : il associe mon expérience professionnelle, mon amour du Japon et de l’artisanat, et ma passion pour la céramique japonaise. Le nom « Yann san » vient de chez MUJI, mes collègues et mes amis japonais m’appellent ainsi. L’écriture en Kanji pour « Yann san » est comme ceci : 屋音 さん, et cela signifie : « Le son à l’intérieur de la maison, comme des céramiques qui se chevauchent. Merci beaucoup Junko ERNST SUZUKI de Paris KUMI pour tes conseils et d’avoir trouver les Kanji parfaits pour mon nom »
« Le logo représente la fenêtre ronde de la maison de thé japonaise ou Chashitsu : Jō-an, située dans le jardin Urakuen à Inuyama, préfecture d’Aichi. Les Fusuma sont des portes coulissantes en bois et en papier Washi. Elles s’ouvrent à la convivialité autour d’une tasse de thé. »
« Le Wabi-Sabi est un point central de la cérémonie du thé et surtout pas un effet de mode qui peut être utilisé à toutes les sauces. Les deux mots « Wabi-Sabi », écrits au centre du logo, représentent bien cette imperfection du « Wabi ». C’est la simplicité, la mélancolie, la nature, la dissymétrie. Le « Sabi », c’est l’altération par le temps, la patine des objets, le goût pour les objets vieillis. »



Source des photos : Logo réalisé par Megumi TERAO et photo Iyeya / Yann san de Maison Wabi-Sabi
Wabi-Sabi
« L’art de ces potiers se forge dans l’idéal esthétique des théoriciens de la cérémonie du thé : le Wabi-Sabi, la contemplation d’une beauté faite de simplicité rustique, d’imperfections, de calme, de solitude et d’usures. Les accidents sont parfois réparés mais ils demeurent bien visibles. Pourquoi se priver de la chance d’arrêter le temps et de le fixer dans un instantané ? Cette esthétique s’appuie sur la pensée bouddhiste qui enseigne l’impermanence de toutes choses et sur le taoïsme chinois qui situe l’homme dans le sein de la nature. » Alain Vernis – Le Tao du Potier
Le Wabi-Sabi et la Voie du thé ont un lien tellement fusionnel et codifié. Au 15ème siècle, le Chanoyu 茶の湯 (cérémonie du thé en japonais) était réservé à l’élite. Les objets utilisés pour la cérémonie étaient luxueux et en provenance de la Chine. Mais c’est un moine zen, Shuko MURATA 村田珠光 (1423-1502) qui décide d’officier des cérémonies de thé avec des ustensiles locaux et conçus de manière artisanale. C’est au 16ème siècle que le maître de thé Sen no Rikyū 千利休 (1522-1591) utilisera des objets plus sobres, de fabrication locale et artisanale. Il installera son pavillon de thé dans une demeure rappelant les huttes de paysans.
Wabi : vise un raffinement nourri de simplicité, une élégance sobre, une noblesse sans sophistication, l’intuition d’une beauté réduite à sa simplicité essentielle, qu’une simple fleur dans un joli pot peut parfaitement exprimer. Wabi recouvre ainsi différents aspects que l’Occident a su saisir par la médiation des tenants de l’Arts & Crafts : l’éloge de l’ombre, la vertu du vide, l’honnête simplicité des matériaux, autant de critères qui mettent en avant la richesse de l’esprit et de l’être en l’opposant au séducteur, à l’artifice et au brillant dont le trop fort éclat peut aveugler nos sens.
Sabi : évoque l’écoulement du temps, la patine, le renoncement à l’éclat d’une beauté neuve et le sain délaissement face au temps s’écoulant inexorablement. Sentir le sabi, c’est accepter les usures, les rides, l’éphémère, les irrégularités. Au-delà de les accepter, il s’agit d’aimer ces marques du temps qui auréolent les choses, les rendent intelligibles et apprivoisables. C’est renoncer à la nouveauté comme qualité première.
Même s’il est difficile à exprimer pour un occidental et un japonais, le terme Wabi-Sabi est d’accepter l’imperfection dans la perfection des objets du quotidien ainsi que l’impermanence (caractère de ce qui n’est pas permanent, ne dure pas et change sans cesse, il occupe une place centrale dans la pensée bouddhique). C’est éprouver une réelle satisfaction, un certain concept spirituel et esthétique japonais.
« Fais un délicieux bol de thé ; dispose le charbon de bois de façon à chauffer l’eau ; arrange les fleurs comme elles sont dans les champs ; en été, évoque la fraicheur, en hiver, la chaleur ; devance en chaque chose le temps. Prépare toi à la pluie. » – Sen no Rikyū. Les pièces destinées à la cérémonie du thé, auparavant d’antiques pièces chinoises, laissèrent place aux poteries japonaises. Ce furent leurs qualités de spontanéité et de franchise (wabi), de simplicité et de beauté (shibui) et leur humilité (sabi) qui motivèrent cette révolution du regard.



Source des photos : Yann san de Maison Wabi-Sabi et des textes : Galerie Stimmug
Beauté des choses imparfaites
Le Wabi-Sabi est un concept japonais. Le « Wabi » signifie la simplicité, la nature, la dissymétrie et la modestie. Le « Sabi » signifie l’altération par le temps, la patine des objets et le travail des Hommes. Son lien est ancré dans la Voie du thé. Il est parfaitement défini dans les 2 livres références de Leonard KOREN.
Architecte de formation, il a fait partie de l’avant-garde artistique aux États-Unis au début des années 1970. Théoricien du design et de l’esthétisme, il a effectué de nombreux séjours au Japon, et est l’auteur de 17 ouvrages. Il vit actuellement à San Francisco. Il a étudié durant de nombreuses années le Wabi-Sabi et en a tiré 2 livres : « Wabi-sabi, à l’usage des artistes, designers, poètes et philosophes » et « Wabi-Sabi pour aller plus loin ».
Dans lesquels il le définie par : « Le Wabi-sabi est la beauté des choses imparfaites, impermanentes et incomplètes. C’est la beauté des choses modestes et humbles. C’est la beauté des choses atypiques. »
Le Wabi-Sabi s’essaye davantage qu’il ne s’explique. C’est une notion difficile à expliquer. Bien que tous les Japonais soient prêts à affirmer qu’ils comprennent le sentiment associé au Wabi-Sabi. Ils sont très peu capables de le formuler.
Leonard KOREN détaille 3 affirmations qui résument les valeurs du Wabi-Sabi : La réalité découle de l’observation de la nature. La beauté peut-être obtenue à partir de la laideur. Se défaire de l’impermanence et ne pas chercher la perfection et la permanence.



Source des photos : www.slowdown.media / editions-sully.com
Godai : 5 éléments
Ce que peuvent orchestrer les mains des céramistes me ramène aux 5 éléments du Godai. C’est l’ensemble traditionnel japonais des cinq éléments dans le bouddhisme : Chi (La Terre), Sui (L’Eau), Ka (Le Feu), Fū (Le Vent) et Kū (Le Vide).
Gorintō : Des stèles funéraires ou Stūpa, en forme de pagode à cinq anneaux propres au bouddhisme japonais qui a vu le jour à l’époque Heian. Ces éléments sont importants et représentent une tendance spirituelle, physique ou mentale, tout ce qui découle de l’enseignement. Construction compacte revêtue de pierres, plus ou moins élancée, minuscule ou gigantesque, richement décorée ou présentant des parois nues. Il se dresse partout où des bouddhistes ont vécu et tenu à manifester leur foi.
Pour Yann san, ces 5 éléments sont étroitement liés à la céramique. Chaque élément correspond à une étape de la conception d’une poterie : La Terre pour l’argile, le Vide pour la création infinie, l’Eau pour créer la forme, le Vent pour le séchage et le Feu pour la cuisson.



Sources de l’illustration et des photos : aminoapps.com / Yann san de Maison Wabi-Sabi
Fuzei : émotion poétique
L’émotion poétique du Fuzei est l’expression d’une émotion fugitive et d’un sentiment poétique. Donner un Fuzei, c’est donner ou créer une impression tout en évoquant une émotion. Suite à une exposition des photos de Claude LEFÈVRE, à l’association Tenri où Yann san a suivi des cours de japonais. Après avoir découvert son livre à propos du Fuzei. Ce sentiment, assez spécifique au jardin japonais, a permis de le relier à la céramique.
Claude LEFÈVRE porte sur ces jardins un regard poétique très singulier qui vise à en restituer la spiritualité, l’harmonie et la beauté, en un mot, le Fuzei. Voilà plus de 10 ans qu’il sillonne le Japon, pour photographier les jardins les plus remarquables. En dehors des sentiers battus, il nous fait découvrir d’extraordinaires jardins, peu connus, voire inconnus des Japonais eux-mêmes.
- Kenroku-en 兼六園, situé à Kanazawa (préfecture d’Ishikawa). Développé de 1620 à 1840 par la famille Maeda (ancienne province de Kaga).
- Kōraku-en 後楽園庭園, situé à Okayama (préfecture d’Okayama). Construit en 1700, par Tsunamasa IKEDA, le daimyō d’Okayama.
- Kairaku-en 偕楽園, situé à Mito (préfecture d’Ibaraki). Construit en 1841, par Nariaki TOKUGAWA.
« Le Fuzei est composé des deux caractères chinois « fu » (en japonais le vent) et « zei » (en japonais le sentiment). C’est le sentiment bouleversé que dégagent l’intimité des choses et par conséquent la sensation de la beauté mélancolique qui en émane. On pourrait aussi dire que c’est le monde des sentiments né de l’harmonie existante entre l’esprit et la forme des choses. » – Jacques ROUBAUD
« L’expression d’une émotion fugitive, d’un sentiment poétique. Donner un Fuzei, c’est donner ou créer une impression tout en évoquant une émotion. » – Professeur MASUDA
« J’aime cette discrétion où l’essentiel est souvent sous-entendu, suggéré, plutôt qu’explicité. Discrétion, pudeur, telle est l’attitude du poète de haïku que chacun peut partager et que je retrouve dans l’art de Claude LEFÈVRE qui se contente de donner à voir sans prétendre interférer avec le regard des autres. » – Diane de MARGERIE



Source des photos : Yann san de Maison Wabi-Sabi
Akira et Yachiyo YASUDA
« Akira et Yachiyo YASUDA étaient les propriétaires de la minshuku, mon pied à terre à Kyōto. Ils font partie de l’histoire de ce projet par leur hospitalité et leur gentillesse. Omotenashi お持て成し. »
« En 2008, lors de mon tout premier voyage au Japon, j’étais basé à Kyōto. Je dormais dans une Minshuku (chambre d’hôtes) située dans l’arrondissement de Higashiyama. Les Maiko (apprenties Geiko) se promènent et on peut ressentir l’authenticité de la ville de Kyōto, par son architecture, ses temples, ses petits commerces et sa tranquillité. Pour vous situer l’auberge du nom de Kamogawaen : Route de Kawabata-dori (comme le nom du poète), dans le district de Miyagawasuji, le long de la rivière Kamogawa, pas très loin du temple Kennin-ji. La Minshuku comptait : 4 chambres (2 petites, 1 moyenne et 1 grande), 1 salle de bain, 2 toilettes, et le salon et cuisine des propriétaires. Le petit déjeuner était préparé tôt le matin et apporté dans chaque chambre. Seulement 4000 Yen (35 euros environ) par nuit et par personne. »
« A chacun de mes voyages, j’ai logé chez eux pour une nuit ou pour une semaine. J’ai déjeuné et dîné avec eux. Certains soirs, on a beaucoup bu avec Akira (avec modération quand même) et beaucoup mangé grâce à Yachiyo. Je remercie beaucoup Google Translation d’avoir fait partie de l’ambiance car nous avons beaucoup rigolé. »
« Akira m’a fait découvrir le Kyōto authentique, ses temples, ses restaurants et mon premier Onsen, à Kurama, était avec lui. Akira est un passionné de photos, de nature et il est très curieux. Yachiyo est fan de Pachinko パチンコ et adore aller au restaurant toujours bien apprêtée. Je les considère un peu comme mes grands-parents japonais. »
« La Minshuku a fermé définitivement fin 2019. Ils sont partis en retraite et vivent désormais dans l’arrondissement de Fushimi, dans le sud de Kyōto. Je les ai revus à Kyōto pendant mon Ceramic Tour 2023. »
« Akira et Yachiyo YASUDA font partie de l’histoire de ce projet et je ne les remercierai jamais assez pour leur hospitalité, leurs conseils, leur ouverture d’esprit et leur gentillesse. »



Source des photos : Yachiyo, Akira et Yann devant Kamogawa-en / Akira et Yann au Sanzen-in à Ōhara
Ceramic Tour au Japon
Les étapes de ce projet sont de découvrir et de faire découvrir les authentiques céramiques japonaises, françaises et européennes d’utilisation quotidienne. En utilisant les réseaux sociaux, en développant le site internet de Maison Wabi-Sabi, en expliquant « pourquoi Maison Wabi-Sabi ? et son identité artisanale, puis d’aller au Japon rencontrer les potiers qui travaillent et qui travailleront avec Maison Wabi-Sabi.
Ces « Ceramic Tour » au Japon sont indispensable dans la démarche de ce projet pour vous faire partager les rencontres avec les potiers, le « vrai » artisanat japonais de la céramique loin des marques industrielles « Company » et de la production de masse.
Travailler avec les fabricants d’encens japonais traditionnels de Kyōto et de Kōyasan va de paire, car le lien est très proche avec la Céramique. Ils sont disponibles dans la boutique du site. Maison Wabi-Sabi est très fière qu’ils fassent partie de cette aventure.

Source des photos : Yann san de Maison Wabi-Sabi
