
Edith BELLOD et ses créations
(1965-)
Originaire d’Alençon en Normandie. Artisane française dont la pratique se situe entre l’art décoratif, la bijouterie contemporaine et le design d’objet. Son univers s’appuie sur des savoir-faire artisanaux traditionnels, notamment le travail de la porcelaine et du métal, qu’elle réinterprète dans une approche sensible et personnelle.
Son atelier, pensé comme un laboratoire, lui permet d’expérimenter autant avec la matière qu’avec les formes, qu’elles soient organiques ou géométriques. Elle explore sans cloisonner, et c’est ce qui confère à sa production une identité singulière. Chaque création est à la fois objet esthétique et témoin d’un usage possible. Dans cette logique, elle refuse de séparer la beauté de l’utilité. Ses porcelaines partagent une même rigueur formelle et une poésie discrète, témoignant d’une recherche d’équilibre entre fragilité et force, entre ornement et simplicité.
« J’avais acquis dans l’atelier de Jean Pierre MAURY à Paris une bonne technique du moulage. Et comme je travaille la porcelaine sous forme de coulage, j’étais déjà autonome dans la réalisation de mon outil. »
Son style se définit par une maîtrise des matériaux et une grande liberté créative. Elle travaille la porcelaine, l’argent, la corne, l’émail ou encore les pierres fines. Elle les assemble pour donner naissance à des œuvres délicates et raffinées. Textilienne, bijoutière, céramiste… Curieuse de tout, sans parti pris, mêle ses savoir-faire au gré de ses envies.
Cette attention à la matière se retrouve aussi dans ses pièces utilitaires. Ses bols, tasses et coupelles se distinguent par des parois fines, une douceur au toucher et une recherche subtile de couleurs. Chaque objet est pensé pour répondre à une fonction quotidienne, mais avec un supplément d’âme qui le rend unique. Ainsi, Edith transforme des gestes simples, en expériences esthétiques, renforçant la dimension intime de ses créations.


Une part essentielle des créations d’Édith réside dans ses objets utilitaires, où la fonction rejoint pleinement l’art. Contrairement à une approche purement décorative, elle investit la porcelaine dans des créations destinées à accompagner les gestes de tous les jours.
Ses assiettes, bols et tasses ne cherchent pas seulement à contenir : ils offrent une expérience tactile et visuelle qui redonne sens à l’usage. Les surfaces lisses ou délicatement texturées invitent à être caressées, tandis que la légèreté et l’équilibre des formes renforcent le plaisir d’une utilisation quotidienne. Ces objets s’intègrent dans la vie domestique car ils rappellent que la beauté peut habiter les choses les plus simples. Par ce biais, elle contribue à une revalorisation de l’objet utilitaire : elle démontre que l’art ne se limite pas aux galeries mais s’exprime aussi dans le quotidien, en dialogue intime avec l’usager.
« Je suis très sensible aux éléments, cela rejoins l’idée que la pratique de la céramique était absolument physique. Le feu me fascine, je le pratique déjà avec mon chalumeau. Et puis j’aime aussi cuisiner. La terre c’est l’argile. Quant à mon rapport à l’eau et au vent, je dirais que les idées me viennent en nageant ou en marchant dans la nature. »
« La découverte de la Céramique. J’habitais à Berlin à ce moment là. En Allemagne, il y a une très forte tradition autour de la céramique. Dès le plus jeune âge, les enfants s’exercent à la terre, il y a des fours dans les écoles, et il n’était pas très compliqué de trouver une petite place dans un four pour accueillir mes toutes petites pièces. »
Ses créations ont été présentées dans des galeries et événements dédiés au bijou contemporain et aux arts décoratifs, en France comme à l’international. Ses bijoux et porcelaines trouvent leur place dans des expositions où l’ornement et l’objet utilitaire se côtoient.
Cette double orientation constitue sa singularité : l’artiste brouille les frontières entre le précieux et le fonctionnel, entre l’objet d’art et l’outil du quotidien. Ses tasses ou coupelles, exposées au même titre que ses broches ou colliers, rappellent que l’esthétique peut se vivre autant dans le geste de porter que dans celui de boire ou partager. Son apport réside ainsi dans la continuité qu’elle établit entre artisanat, design et art contemporain.


Edith BELLOD en 5 dates importantes :
2012 : Participation au « parcours céramique » de Carouges (Genève).
2014 : Mon premier four.
2017 : Participation au « parcours bijou » chez le chocolatier Patrick Roger à Paris. Une exposition collective de quatre céramistes autour de quatre moules que nous faisions tourner à la façon d’un cadavre exquis.
2024 : Carte blanche offerte par Akira MINAGAWA, designer de la marque de vêtement Minä Perhonen. Exposition à Tokyo puis à Kyōto.
20… : J’attends la prochaine date importante.
« Pratiquer la céramique me procure un grand plaisir. C’est tout un monde qu’il s’agit de découvrir, et il semble que nous n’en aurons jamais fini. C’est ce qui est passionnant. »
Source des photos et des textes : Edith BELLOD et Yann san
