
Aaron SCYTHE et ses créations
(1971-)
Céramiste néo-zélandais et originaire d’Auckland. Issu d’une famille créative — son père était journaliste hippique et sa mère styliste —, il découvre très tôt sa passion pour la poterie. À l’adolescence, il fréquente un petit atelier à Parnell, où il se familiarise avec l’art de la céramique.
À 15 ans, il travaille comme mouleur-couleur à temps plein, une expérience qui lui inculque rigueur et rapidité. Il poursuit ensuite des études en arts appliqués à Unitec en 1988, puis à East Sydney Polytech en 1989, où il développe un intérêt marqué pour les céramiques de la période Momoyama.
En 1995, Scythe se rend au Japon pour approfondir sa maîtrise du style Minoyaki et étudie sous la direction du maître Ryōji KOIE 鯉江良二 (1938–2020). Il s’installe à Mashiko, un haut lieu de la céramique japonaise, où il construit plusieurs fours anagama et explore des techniques telles que le Shino, l’Oribe et le Kiseto.
« Au Japon, sur une période de 16 ans, j’ai organisé plus de 60 expositions personnelles et participé à de nombreuses expositions collectives. J’ai animé des ateliers et suis également apparu à la télévision nationale. Mes œuvres ont été publiées dans de nombreuses revues spécialisées en céramique. Elles font partie de collections privées en Nouvelle-Zélande, au Japon, en Europe et en Amérique. »
En 2011, suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima, il retourne en Nouvelle-Zélande avec sa famille. Il s’établit à Whanganui, où il continue de créer des œuvres qui fusionnent les traditions japonaises et occidentales. Son travail intègre des éléments de la culture néo-zélandaise, notamment des motifs inspirés de l’art Shunga 春画 japonais (estampes érotiques japonaises), qu’il adapte à l’aide d’outils numériques comme l’iPad.
Aaron est reconnu pour son approche innovante de la céramique, mêlant techniques anciennes et expressions contemporaines. Son style est la volonté de laisser apparaître la main de l’artisan. Il célèbre la distorsion des formes, les empreintes de doigts, les traces de pinceau et les déformations dues à la cuisson. Ces éléments donnent à ses pièces une vitalité qu’il considère essentielle : il veut que chaque bol, chaque assiette ou vase respire, comme un objet vivant.


Malgré son approche très personnelle et artistique, Aaron reste attaché à la fonction utilitaire de la céramique. Il crée avant tout des objets destinés à être utilisés : bols à thé, tasses, assiettes, pichets… Mais chacun porte en lui une énergie, un message, une surprise. Il dit souvent vouloir que ses œuvres soient utilisées au quotidien, car c’est là qu’elles prennent tout leur sens, dans le contact avec les mains, les aliments, la vie.
Aujourd’hui, les œuvres d’Aaron SCYTHE sont présentes dans de nombreuses collections privées à travers le monde, notamment en Nouvelle-Zélande, au Japon, en Europe et en Amérique. Il continue d’exposer régulièrement et de partager son savoir-faire à travers des ateliers et des publications spécialisées.
Aaron se sert de la céramique comme d’un langage personnel. Il y projette ses pensées, ses émotions, son humour parfois, et aussi ses commentaires sociaux. Le support est ancien, la forme humble, mais le contenu peut être subversif, tendre, méditatif ou radical.
Aaron SCYTHE en 5 dates importantes :
1995 : Premier voyage au Japon pour approfondir mon étude du shino.
1996 : Étude auprès du maître Ryōji KOIE 鯉江良二 (1938–2020) dans son atelier Kamiyahagi, en travaillant dans le style Mino.
1997 : Location d’un atelier à Mashiko, au Japon. Début du travail en porcelaine, ainsi qu’avec les techniques Oribe, Kiseto et Hikidashi. Construction d’un 2ème four anagama pour la cuisson et l’étude des glaçures shino.
1999 : 1ère exposition personnelle à la galerie Space Nico, ville de Kasama, préfecture d’Ibaraki.
2006 : Installation d’un atelier et d’un four permanents à Mashiko. Construction d’un 3ème four à bois ainsi que d’un four raku expérimental au charbon et au bois.
Ce que je fais, j’ai l’impression que cela vient de moi…
Quand on regarde autour de soi…
Il y a du beau design partout…
Mais souvent fabriqué en usine, sans réflexion…
Plus rien de l’âme humaine…
Une beauté complètement déshumanisée, sans âme…
Comme parler à un mur en attendant une réponse… rien.
Oui, ce que je fais, j’ai l’impression que cela vient de moi…
Conçu, mais souvent sans réelle intention
Des empreintes, des formes imparfaites, de la distorsion, une âme
Une expression humaine…

Source des photos et des textes : Aaron SCYTHE et Yann san
