
Kōgaku YOSHINO 3ème et ses créations
(1970-)
Troisième génération d’une lignée de potiers établie à Tateyama, dans la préfecture de Toyama. Il est l’un des représentants contemporains de l’Etchū Seto-yaki, une tradition céramique vieille de plus de quatre siècles.
Héritier du four Senju-gama 千寿窯, il a repris l’activité familiale fondée par ses ancêtres et perpétue un savoir-faire profondément enraciné dans l’histoire locale. Dès son enfance, il observait son père et son grand-père travailler l’argile et s’amusait déjà au tour de potier. Il a complété sa formation de manière académique à la Kyōto Seika University.
Son grand-père, jeune artisan, il fut tourneur au service de Kitaōji RŌSANJIN. Il contribua directement à la production de ses œuvres, réalisant certaines formes que celui-ci reprenait sous son propre nom, témoignant ainsi de sa confiance et de son estime.
Il se définit avant tout comme un céramiste, car son travail s’appuie sur les traditions japonaises tout en cherchant à élargir les possibilités d’expression de la céramique contemporaine.
L’œuvre de YOSHINO san est consacrée aux ustensiles de thé et à la vaisselle du quotidien. Sa démarche créative repose sur l’usage réel des objets. Il imagine les situations dans lesquelles chaque pièce sera utilisée avant même de la façonner. Pour ses cuissons, il utilise à la fois un four grimpant traditionnel (Noborigama) et un four à pétrole.
Le bois de pin, riche en résine, est privilégié pour les longues cuissons au feu de bois qui peuvent atteindre 48 heures et environ 1300°C. Les émaux qu’il emploie comprennent notamment le noir, le Kiseto, les émaux à base de cendre de paille, de cendre végétale ou encore les glaçures transparentes. Il travaille des argiles locales réputées pour leur finesse et leur faible teneur en fer, permettant d’obtenir des pièces légères et élégantes.


Au-delà de la maîtrise technique, Kōgaku YOSHINO accorde une importance particulière à la transmission et à la continuité culturelle.
Pratiquant lui-même la cérémonie du thé et s’intéressant à la cuisine Kaiseki, il nourrit sa création d’une réflexion sur les usages, les saisons et l’évolution des modes de vie. Chaque série de pièces constitue ainsi une amélioration de la précédente plutôt qu’une simple répétition.
Pour lui, la terre, l’eau, le feu, le vent, les émaux et la céramique sont intimement liés et forment une même continuité. Parmi les étapes marquantes de sa carrière figurent son accession au nom de troisième génération « Kōgaku YOSHINO » en 2010, la création du groupe « Kanakure-kai » en 2012 et sa reconnaissance en 2019 comme Maître des métiers d’art traditionnels de Toyama.
Kōgaku YOSHINO en 5 dates importantes :
1992 : Diplômé du département de céramique de la faculté des arts de la Kyōto Seika University. Cette formation lui apporte une base artistique et technique solide avant son entrée dans le monde professionnel.
1993 : Devient stagiaire au centre de formation de la céramique de Shigaraki Ceramic Cultural Park (Tōgei no Mori). Cette expérience l’ouvre à d’autres traditions et méthodes de cuisson.
1994 : Poursuit son perfectionnement au laboratoire céramique de la ville de Kyōto (Kyōto Municipal Industrial Research Institute for Ceramics). Il approfondit les questions liées aux émaux, aux argiles et aux techniques de production.
1995 : Retourne à Tateyama pour rejoindre l’atelier familial et participer pleinement à la transmission de la tradition de l’Etchū Seto-yaki. Cette date marque le début effectif de son activité professionnelle.
1997 : Organise et participe à plusieurs expositions personnelles et collectives au Japon, notamment à Tokyo, Kyōto, Ōsaka, Kanazawa et Toyama. Ces présentations contribuent à faire connaître son travail au-delà de la préfecture de Toyama et à affirmer sa propre identité.

Source des photos et des textes : Kōgaku YOSHINO et Yann san
Source de la vidéo YouTube : @toyamasfuture
